— 535 —
Sevran, le tracé suit un ancien bras de la Marne, séparéautrefois du bras principal par une île élevée qui formeaujourd’hui les hauts coteaux de Villevaudé, Yaujours,Montfermeil, le Raincy ; puis traverse le haut de la plaineSaint-Denis, entre Sevran et Paris. C’est entre Claye etParis, qu’aux yeux des ingénieurs de cette époque, étaientaccumulées les plus sérieuses difficultés du tracé. On nevoyait, entre Mareuil et Claye, que quelques obstaclesmatériels peu étendus, des rochers calcaires à exploiter;on ne se préoccupait alors, en aucune façon, de la per-méabilité des terrains dans lesquels le canal était creusé,et du peu de consistance et de stabilité des remblais qui enprovenaient et qui formaient la berge de gau che et le cheminde halage. Aujourd’hui, cette perméabilité serait considéréecomme une des graves difficultés de la construction.
On ne tarda pas à sentir l’effet de cette lacune quiexistait alors dans les règles de l’art de l’ingénieur, eton dut exécuter de très-grands travaux d’étanchementsur toute la longueur du canal. Les pertes d’eau consta-tées, après l’achèvement dejces travaux, s’élevèrent encoreà 340 mètres cubes par kilomètre et par jour sur lecanal, et, dans le bassin de la Villette, à 8 000 mètrescubes environ en 24 heures, ce qui fait une perte totaled’environ 44 690 mètres, tant pour le canal et le bassinde la Villette que pour la rivière d’Ourcq canalisée entrele Port-aux-Perches et Mareuil.
Pentes. — Singulière théorie de Girard. — La pente totalede la rivière canalisée entre le Port-aux-Perches et Mareuilest de 6 m ,50, ce qui, pour une longueur de 11 19Î mètres,donne une pente kilométrique moyenne de 0 m ,58 ; c’estbeaucoup trop : l’excès de pente fut effacé par les cinqécluses de Mosloy, La Ferté-Milon, Marolles, Queue-d’Hamet Mareuil.