— 536
La pente totale du canal, entre Mareuil et Paris, estde 8 m ,89. La pente moyenne kilométrique, pour une lon-gueur totale de 96 723 mètres, est donc de 0 m ,092. C’estcette pente qui aurait dû être adoptée pour toute la lon-gueur du canal, en admettant un débit constant d’uneextrémité à l’autre. En tenant compte de la portée desaffluents, il aurait fallu augmenter légèrement la penteau fur et à mesure qu’on descendait. Cela est absolu-ment vrai et aucun ingénieur n’oserait aujourd’hui réglerautrement la pente d’un aqueduc ou d'un canal porteurd’eau. Girard n’a pas vu la chose ainsi, et il a publié unlong mémoire pour démontrer que le profd en long d’uncanal porteur d’eau devait avoir la forme d’une demi-chaînette, ou, en d’autres termes, que la pente, forte àl’origine, devait être diminuée en descendant, de tellesorte que la pente la plus faible se trouvât à l’extrémitéd’aval du canal.
Cette singulière théorie aurait été appliquée au canalde l’Ourcq, sans les observations faites à Girard par unecommission composée de Gauthey, Prony et Lepère, quidémontra que la pente devait être uniforme. Girard céda,non par conviction, mais par déférence; toutefois, les partiesdu canal déjà construites restèrent ainsi réglées, notam-ment sur les 24 kilomètres compris entre la Beuvronne etParis. On a dû, pour atténuer les effets de cette faute,construire, en 1841, cinq écluses entre Mareuil et Claye.La pente étant presque nulle entre Claye et Paris, onse trouve obligé souvent de déverser dans la Marne l’eauque le canal ne peut débiter au-dessous de Claye, fautede pente.
Section transversale. — D’après le devis général deGirard, le canal, depuis Mareuil jusqu’à Lizy, devait servirde communication entre la Marne et le canal de Saint-