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XVII. Jahrhundert.
Je Iis dans vos regards Ia douleur qui vons presse.Aupres de votre epoux, ma fille, je vous laisse.Seigneur, daignez m’attendre, et ne la point quitter:
A mon perfide epoux je cours me presenter;
II ne soutiendra point la fureur qui 111’anime.
II f’audra que Calchas clierehe une autre victime:
Ou, si je ne vous puis derober a leurs coups,
Ma fille, ils pourront bien m’immoler avant vous.
Scene VI.
Achille , Iphigenie.
Achille.
Madame, je me tais, et demeure immobile.
Est-ce ä moi que l’on parle? et connait-on Achille?Une mere pour vous croit devoir me prier!
Une reine a mes pieds se vient humilier!
Et, me deshonorant par d’injustes alarmes, .
Pour attendrir mon coeur on a recours aux larmes!
Qui doit prendre ü vos jours plus d’interet que moi?Ah! sans doute, on s’en peut reposer sur ma foi.L’outrage me regarde; et, quoi qu’on entreprenne,
Je reponds d’uue vie oü j’attache la mienne.
Mais ma juste douleur va plus loin m’engager:
C’est peu de vous defendre, et je cours vous venger,Et punir a la fois le cruel stratagemeQui s’ose de mon nom armer contre vous-meme.Iphigenie.
Ah! demeurez, seigneur, et daignez m’ecouter.
Achille.
Quoi! madame, un barbare osera m’insulter!
11 voit que de sa soeur 4 je cours venger l’outrage:
II sait que, le premier lui donnant mon suffrage,
Je le fis nommer chef de vingt rois ses rivaux;
Et, pour fruit de mes soins, pour fruit de mes travaux,Pour tout le prix enfin d’une illustre victoireQui le doit enrichir, venger, combler de gloire,
Content et glorieux du nom de votre epoux,
Je ne lui demandais que l’honneur d'etre ä vous:Cependant aujourd’hui, sanguinaire, parjure,
C’est peu de violer l’amitie, la nature,
C’est peu que de vouloir, sous un couteau mortel,
1 Seiner Schwägerin Helena, der Gemahlin seines Bruders Menelaus.