Buch 
Handbuch der älteren und neueren französischen Litteratur : mit biographischen Notizen über die Schriftsteller und erläuternden Anmerkungen für die oberen Klassen der Gelehrten- und Realschulen / v. C. G. Hölder
Entstehung
Seite
102
JPEG-Download
 

102

XVIII. Jahrhundert.

loi curiate , 1 quoiquil nen eüt point fait, et deux consulaires qui affir-meraient quils avaient assiste k la signature du senatus-consulte, quireglait le.tat de leurs provinces, quoiquil ny en eüt point eu. Quede malhonnetes gens dans un seul contrat!

Outre que la religion est toujours le meilleur garant que lonpuisse avoir des hommes, il y avait ceci de particulier chez les Romainsquils melaient quelque sentiment religieux a lamour quils avaientpour leur patrie. Cette ville, fondee sous les meilleurs auspices, ceRomulus, leur roi et leur dieu, ce capitole eternel comme la ville, et laville eternelle comme son fondateur, avaient fait autrefois sur Fespritdes Romains une impression quil eüt ete k souhaiter quils eussentconservee.

La grandeur de letat fit la grandeur des fortunes particulieres.Mais, comme lopulence est dans les moeurs et non pas dans lesrichesses, celles des Romains, qui ne laissaient pas davoir des bornes,produisirent un luxe et des profusions qui nen avaient point. 2 Ceuxqui avaient dabord ete corroinpus par leurs richesses le furent ensuitepar leur pauvrete. Avec des biens au-dessus dune condition privee,il fut dilficile detre un bon citoyen; avec les desirs et les regrets dunegrande fortune ruin6e, on fut pret k tous les attentats; et, comme ditSalluste, 3 * on vit une generation de gens qui ne pouvaient avoir depatrimoine, ni souffrir que dautres en eussent.

Cependant, quelle que füt la corruption de Rome, tous les mal-heurs ne sy etaient pas introduits; car la force de son Institution avaitete teile quelle avait conserve une valeur hero'ique et toute son appli-cation ä la guerre, au milieu des richesses, de la mollesse, et de lavolupte; ce qui nest, je crois, arrive k aucune nation du monde.

Les citoyens romains regardaient le commerce 1 et les arts commedes occupations desclaves; 5 6 ils ne les exer^aient point. Sil y eutquelques exceptions, ce ne fut que de la part de quelques affranchisqui continuaient leur premiere industrie; mais, en general, ils ne con-naissaient que lart de la guerre, qui etait la seule voie pour aller aux

1 La loi curiate donnait la puissance militaire, et le senatus-consulte reglait lestroupes, largent, les officiers, que devait avoir le gouverneur: or les consuls, pour que

tout cela füt fait ä leur fantaisie, voulaient fabriquer une fausse loi et un faux sena-tus-consulte.

3 La maison que Cornelie avait achetee soixante-quinze mille drachmes,* Lu-cullus lacheta, peu de temps apres, deux millions cinq Cent mille. Plutarque, vie deMarius.

3 JJt merito dicatur genitos esse, qui nec ipsi habere possent res familiäres, neealios pati. Fragment de lhistoire de Salluste, tire du livre de la Cite de Dieu, 1. 2,ch. 18.

3 Romulus ne permit que deux sortes dexercices aux gens libres, iagriculture etla guerre. Les marchands, les ouvriers, ceux qui tenaient une maison a louage, lescabaretiers, netaient pas du nombre des citoyens. Denys dHalicarnasse.

6 Ciceron en donne les raisons dans ses Offices, liv. 1, ch. 42.

* Eine Drachme ist gleich drei bis vier guten Groschen.