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XVIII. Jahrhundert.
loi curiate , 1 quoiqu’il n’en eüt point fait, et deux consulaires qui affir-meraient qu’ils avaient assiste k la signature du senatus-consulte, quireglait l’e.tat de leurs provinces, quoiqu’il n’y en eüt point eu.“ Quede malhonnetes gens dans un seul contrat!
Outre que la religion est toujours le meilleur garant que l’onpuisse avoir des hommes, il y avait ceci de particulier chez les Romainsqu’ils melaient quelque sentiment religieux a l’amour qu’ils avaientpour leur patrie. Cette ville, fondee sous les meilleurs auspices, ceRomulus, leur roi et leur dieu, ce capitole eternel comme la ville, et laville eternelle comme son fondateur, avaient fait autrefois sur Fespritdes Romains une impression qu’il eüt ete k souhaiter qu’ils eussentconservee.
La grandeur de l’etat fit la grandeur des fortunes particulieres.Mais, comme l’opulence est dans les moeurs et non pas dans lesrichesses, celles des Romains, qui ne laissaient pas d’avoir des bornes,produisirent un luxe et des profusions qui n’en avaient point. 2 Ceuxqui avaient d’abord ete corroinpus par leurs richesses le furent ensuitepar leur pauvrete. Avec des biens au-dessus d’une condition privee,il fut dilficile d’etre un bon citoyen; avec les desirs et les regrets d’unegrande fortune ruin6e, on fut pret k tous les attentats; et, comme ditSalluste, 3 * on vit une generation de gens qui ne pouvaient avoir depatrimoine, ni souffrir que d’autres en eussent.
Cependant, quelle que füt la corruption de Rome, tous les mal-heurs ne s’y etaient pas introduits; car la force de son Institution avaitete teile qu’elle avait conserve une valeur hero'ique et toute son appli-cation ä la guerre, au milieu des richesses, de la mollesse, et de lavolupte; ce qui n’est, je crois, arrive k aucune nation du monde.
Les citoyens romains regardaient le commerce 1 et les arts commedes occupations d’esclaves; 5 6 ils ne les exer^aient point. S’il y eutquelques exceptions, ce ne fut que de la part de quelques affranchisqui continuaient leur premiere industrie; mais, en general, ils ne con-naissaient que l’art de la guerre, qui etait la seule voie pour aller aux
1 La loi curiate donnait la puissance militaire, et le senatus-consulte reglait lestroupes, l’argent, les officiers, que devait avoir le gouverneur: or les consuls, pour que
tout cela füt fait ä leur fantaisie, voulaient fabriquer une fausse loi et un faux sena-tus-consulte.
3 La maison que Cornelie avait achetee soixante-quinze mille drachmes,* Lu-cullus l’acheta, peu de temps apres, deux millions cinq Cent mille. Plutarque, vie deMarius.
3 JJt merito dicatur genitos esse, qui nec ipsi habere possent res familiäres, neealios pati. Fragment de l’histoire de Salluste, tire du livre de la Cite de Dieu, 1. 2,ch. 18.
3 Romulus ne permit que deux sortes d’exercices aux gens libres, i’agriculture etla guerre. Les marchands, les ouvriers, ceux qui tenaient une maison a louage, lescabaretiers, n’etaient pas du nombre des citoyens. Denys d’Halicarnasse.
6 Ciceron en donne les raisons dans ses Offices, liv. 1, ch. 42.
* Eine Drachme ist gleich drei bis vier guten Groschen.