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XIX. Jahrhundert.
Ainsi tout, sous les pas de l’homme ineffa^able,
Tout devient monument; il passe sur le sable;
Mais qu’importe qu’Assur de ses flots soit couvert,Que l’aquilon Sans cesse y fatigue son aile,
Son pied colossal laisse une trace eternelleSur le front mouvant du dösert.
III..
Histoire, poesie, il joint du pied vos cimes.
Eperdu, je ne puis dans ces mondes sublimesRemuer rien de grand saus toucher ä son nom;
Oui, quand tu m’apparais, pour le culte ou le bläme,Les tfhants volent presses sur mes levres de flamme,Napoleon! soleil dont je suis le Memnon!
Tu domines notre äge; ange ou demon, qu’importe!Ton aigle dans son vol, haletant, nous empörte.
L’oeil meme qui le fuit le retrouve partout.
Toujours dans nos tableaux tu jettes ta grande ombre;Toujours Napoleon, eblöuissant et sombre,
Sur le seuil du siede est debout.
Ainsi quand du Vesuve explorant le domaine,
De Naple ä Portid l’etranger se promene,
Lorsqu’il trouble, reveur, de ses pas iinportuns,
Ischia, de ses fleurs embauraant l’onde heureuseDont le bruit, comme un cbant de Sultane amoureuse,Semble une voix qui vole au railieu des parfums;
Qu’il hante de Paestum l’auguste colonnade;
Qu’il ecoute a Pouzzol la vive serenadeChantant la tarantelle au pied d’un mur toscan;
Qu’il eveille en passant cette eite momie,
Pompei, corps gisant d’une ville endormie,Saisieunjour par le volcan;
Qu’il erre au Pausilippe avec la barque agileD’oü le brun marinier chante Tasse a Virgile;Toujours sous l’arbre vert, sur les lits de gazon,Toujours il voit, du sein des mers ou des prairies,
Du haut des caps, du bord des presqu’iles fleuriesToujours le noir geant qui fume a l’horizon!