Buch 
Handbuch der älteren und neueren französischen Litteratur : mit biographischen Notizen über die Schriftsteller und erläuternden Anmerkungen für die oberen Klassen der Gelehrten- und Realschulen / v. C. G. Hölder
Entstehung
Seite
340
JPEG-Download
 

340

Anbang.

pouvoir. Le eachot est une penalite tres grave; et nulle penalite nepeut etre infligee a un homme libre que par lautorite de la loi. Cettevexation est indigne ä legard de Pierre, comme eile serait indigne auvötre. Je vous dis quelle crie vengeance!

Bon! röpliqua Nicolas en me regardant fixement cette fois.Avez-vous pris, par hasard, votre ami Pierre pour un homme librecomme moi, qui peux quitter la maison ce soir en demandant mesgages? II est'prisonnier comme vous, ä cela pres que vous passez de-main en justice, et que ces messieurs de-haut sont parfaitementmaitres de vous renvoyer chez vos parents, si vous avez de bons te-moins; tandis que Pierre a treize ans a faire encore, puisquil nen afait que sept, et treize ans de galeres, vraiment, quand lidee en viendraau commissaire du pouvoir executif, qui le retient ici par faveur, commedans un chäteau de plaisance. Je conviens que cela serait dur; mais,que voulez-vous? il navait pas läge pour etre guillotine.

La guillotine, les galeres, cet honnete Pierre, cette admirable Li-divine, toutes les apparences qui mavaient frappe, toutes les notionsque je venais de recueillir dans une conversation de deux minutes, seconfondaient tumultueusement dans mon esprit, quand la porte se re-ferma sur moi. Je ne pouvais plus interroger Nicolas qui naurait pro-bablement pas ete dhumeur k me repondre; mais je croyais lentendreencore murmurer son refus k travers lepaisse muraille, sur un ton plusgrave que celui des verrous:Est-ee que je sais cela, moi? Est-cequecela me regarde! Est-ce que je me mele de ce que font les autres?...

Je passai en justice, en effet, des le lendemain, comme Nicolasme lavait annonce, et je fus acquitte ä la majorite de neuf voix surdouze. On ne sera peut-etre pas etonnd si jajoute naivement quejamais resultat avantageux dun scrutin ne ma ete plus agreable.

La premiere chose qui moccupa quand je me trouvai libre, ce futlhistoire de Lidivine et de Pierre. Un vieux pretre, saintement teme-raire, setait refugie dans leur famille, en 1793, pour porter de desexhortations et des esperances a son troupeau de chretiens sans pasteuret sans autels. II fut surpris en offieiant, et tendit ses bras aux fers,comme un martyr des premiers äges de lEglise. Son petit peuple duhameau le defendit malgre lui, avec cette ardeur de devouement quela religion inspire toujours quand eile est persecutee. Us etaient quinze.Treize moururent sur lechafaud du confesseur, apres avoir regu saderniere benediction. La grand mere avait plus de soixante-dix ans,le petit-fils en avait moins de seize; et, selon la juste expression duguichetier, lun des deux avait plus däge quil nen failait, lautrenavait pas encore Vage, pour etre guillotine. Cest k cause de celaque Lidivine et Pierre etaient en prison.

Dans ces entrefaites, Bonaparte etait revenu; Bonaparte, ce geantde la civilisation, qui la rapportait toute faite, et qui ne put pas laraffermir sur des bases eternelles, parce que Dieu nen voulait plus.