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Voyages en zigzag ou excursions d'un pensionnat en vacances dans les cantons suisses et sur le revers italien des alpes / par R. Topffer; illustrés d'après des dessins de l'auteur et ornés de 15 grands dessins par M. Calame
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VOYAGES EN ZIGZAG.

éclat même de la disgrâce des attifements ; aussi, sûre quelle est de plaire, celte jeunereine des eaux laisse dire les envieux, laisse jaser les indiscrets, et tandis que cha-cun lui voudrait plus de simplicité, elle se contente, elle, de s'être gagné le coeur dechacun.

Dans ce moment le palais est habité. Nous y voyons des Borromécs circuler dans lessalles, un petit rejeton borroméen surtout, qui, à califourchon sur son vélocipède, court,vole dappartements en appartements, sans trop songer pour l'heure à son ancêtresaint Charles. Ce petit bonhomme a bien raison de samuser à la façon de son âge et se-lon les coutumes de son siècle ; toutefois ce jeu parait déplacé dans cette demeurehistorique, et si près dArona. Ce qui nous parait déplacé aussi, cest un exquis parfumde cuisine ; mais il est à croire que nous en jugerions autrement si Cétait à nous de man-ger le dîner dont cest le signe.

De nous voguons vers Baveno . Aous qui aimez les douces soirées, les flots em-pourprés, les côtes basses, les horizons vaporeux, portez-nous envie, car le ciel noussourit, la nature déploie devant nous toutes ses grâces, et voici à choix, sous les noyersde la rive, des anses tranquilles. Voici aussi lhôte de Baveno , le cormoran de ces pa-rages, qui, descendu de son aire, ouvre un vilain bec, et tous nous gobe au sortir dubateau. Ce vorace, qui nadore que les vastes proies, ne lâche pas pour cela les carpil-lons ; seulement il a lair de leur reprocher de nétre pas plus gros, et, tout en les go-bant, il les gourmande. Très-brave homme sûrement, mais sotte espèce dhôte. Très-jolie auberge que la sienne, et située comme ne lest aucune autre, mais inconfortable,plus encore par linsatiable cupidité des maîtres et l'inutile bourdonnement dun tasde sommeliers de parade, que parce que nous y avons toujours été mal nourris, malservis, mal couchés. De plus, il y a des hôtes qui vous reconnaissent après quatre, aprèssix fois quils vous ont hébergés ; celui-ci vous reconnaît dès la seconde fois et de tout loin,mais il se garde bien den rien dire : cela lobligerait à vous traiter mieux ou à vousécorcher moins. Très-brave homme, encore une fois, mais sotte espèce dhôte. Belleauberge, vilain trou.

A souper nous mangeons nos pouces. Et ees mêmes drôles qui nous laissent mou-rir de faim, nous offrent à acheter des minéraux monstres. Ah bien oui!...

J L, a P çl

Un Borroraée.