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jamais la poésie n’a jeté un grand éclatdans Genève : quant à l’éloquence, lesGenevois citent avec fierté le nom deJ.-J. Rousseau, et, il faut l’avouer, cenom est fait pour rappeler le modèle dela véritable éloquence, celle du cœur.
Passons l’époque obscure des premiersrois bourguignons qui, ayant choisi leurrésidence à Genève , s’y contentèrent desdébris de la grandeur romaine. Il fautencore savoir gré à ces chefs barbares detout ce qu’ils n’ont pas détruit, Ils pré-parèrent une époque plus triste, où unseigneur et un prélat, le comte et l’évêquede Genève , s’étant arrogé chacun unejuridiction dans la ville, se disputaientcette autorité usurpée avec un achar-nement qui ensanglantait quelquefoisla voie publique. Singulière manièrede régner, que de désoler la paisiblebourgeoisie par des querelles où elleavait beaucoup à perdre et rien à ga-gner ! Ces deux maîtres n’étaient pas