L’Espagne et la France presque égales sous le rap-port de l’étendue différent fort en population. Celle dela première n’est qu’un tiers de celle de la seconde.Malgré cette grande différence l’Espagne pour former unsystème défensif du premier ordre n’à qu’à établir quel-ques forteresses sur l’Ébre et dans les directions, danslesquelles les armées françaises pourraient s’avancer.Le concours d’une masse nationale bien organisée ajou-terait à la force de ce système. A l’approche d’unearmée française supérieure en nombre, l’armée activepour ne pas courir les risques d’une lutte trop inégalepourra se retirer dans un camp retranché sur la rivegauche de l’Ébre, peut-être aux environs de Tudéla,pour y être dégagée par une masse nationale qui for-mée à Burgos et à Bilbao s’élance sur les lianes etles communications de l’armée ennemie.
§. 3 .
Le Portugal abandonné à ses propres forces sou-tiendrait difficilement son indépendance contre l’Espagne.Des secours étrangers lui sont indispensables. Ces se-cours pourront y être envoyés directement, ou, diri-gés contre des parties de l’Espagne éloignées des fran-tières du Portugal, attirer sur eux une partie considé-rable de l’armée espagnole. Attaqué par l’Espagne lePortugal tâchera de lui opposer le plus d’obstacles etd’éviter en même temps soigneusement de compromet-tre des forces, qu’il doit ménager jusqu’à la coopéra-tion des secours étrangers. Trois fleuves considérables.