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tantôt sous celle de l’Autriche. Les montagnes qui sé-parent la Sardaigne et le Piémont du territoire françaiset dont les gorges sont fortifiées, pouvant arrêter pen-dant un temps considérable une armée ennemie, l’al-liance de l’Autriche offrait plus d’avantages que celle dela France. La proximité de Milan, la facilité des trans-ports sur le Pô dispensaient le gouvernement autrichiend’avoir recours aux magasins du roi de Sardaigne, dontle principe ne pouvait être, que de se borner préala-blement à la défense des forteresses, lesquelles devantêtre dégagées par une puissance alliée, étaient à consi-dérer ainsi que l’armée active comme des supplémensde l’organisation militaire de celui des états limitrophes,dont on avait réclamé les secours.
§. U.
Le génie de Frédéric IL éleva la Prusse à un rôlebrillant parmi les puissances du premier rang. Le Bran-debourg qui dans la guerre de trente ans se trouvaitréduit à l’état humiliant de servir de théâtre de guerreaux Suédois et aux Autrichiens, avait acquis de la con-sidération sous le grand Electeur Frédéric Guillaume,époque à laquelle la France arrondissant et fortifiantses frontières méditait des conquêtes. Frédéric Guil-laume borna son ambition à s’affranchir du joug desSuédois et à remplir ses engagemens envers l’Empiregermanique. Une armée de 24,000 hommes le mit enétat de remplir ces deux objets. La Suède menaçaitles pays de Brandebourg du côté de la Livonie et decelui de la Poméranie. Riga et une flotte pouvaient fa-ciliter l’invasion de la Prusse, Stralsund et Stettin étaient