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de l’armée française, se repliant sur son centre, fut bien-tôt renforcée par sa droite qui 11e pouvait être contenuepar l’armée du général Bouxhœvden, placée sur la rivegauche du Naref. Il en résulta une réaction vigoureusequi mit le général Bennigsen dans la nécessité de se re-tirer à Eylau, où coupé des frontières de Russie il neput se sauver que par la victoire. Napoléon rencontradans la valeur et dans la discipline des Russes un écueil,contre lequel se brisèrent tous ses moyens d’attaque.L’armée victorieuse ayant besoin de se remettre dut seborner à revenir sur i’Allc, en s’établissant entre Schip-penbeil et Heilsberg. L’armée française laissant un avant-corps aux environs de Guttstadt s’étendit en cantonne-mens entre la dite ville et la Vislule. Rien n’eût em-pêché de mettre les troupes dans les directions, dont ila été fait mention au paragraphe précédent. Les Prus-siens soutenant que le dégagement de Danzic, dont lesFrançais faisaient le siège, devait se faire par la voie laplus directe, l'armée russe, encombrée dans un troppetit espace et arrêtée par le désordre qui s’était misdans la distribution des vivres, ne put reprendre l’offen-sive, que lorsque Danzic s’était déjà rendu. L’on battitl’avant corps français posté près de Guttstadt ; maisl’armée française renforcée par les troupes du siège seporta sur le flanc gauche de l’armée russe, qui par cemouvement se vit obligée de se retirer devant un en-nemi trop supérieur en nombre. L’on se battit encoreavec avantage à Heilsberg ; mais on n’en dut pas moinscontinuer la retraite dans une direction mal choisie. Ar-rivé à Friedland, il fallait ou livrer bataille ou abandon-ner Kœnigsberg, dont on tirait les subsistances. Napo-