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INFLUENCE DE LA POSITION GÉOGRAPHIQUE.
Pag. 117. §. 51.
L’histoire présente plusieurs exemples que, lorsque le choixd’une ligne d’opération a été l'objet de discussions, la majo-rité des opinans, ou échauffée par l’espérance des succès dés-avoués par les circonstances, ou effrayée par des sacrificespar lesquels il eut fallu parvenir à un résultat heureux, s’estdéclarée en faveur de celle qui était la moins convenable. Fré-déric le grand s’est accusé lui-même de la condescendancequ’il eut pour une majorité pareille. Après la prise de Pra-gue en 1744 il fut question de quelle manière l’armée prus-sienne devait être employée. Histoire de mon temps , tome second ,page 406. — «Il se présentait alors pour l’armée prussienne» deux opérations ; l’une que le roi préférait, était de passer la» Béraun, de chasser Mr. de Bathyani de la Bohême, de s’em—» parer de Pilsen et du magasin considérable qu’on y formait» pour l’armée du prince de Lorraine, et de pousser jusques» aux gorges de Com et de Fort, qui couvraient les chemins de
» la Bohême aux Autrichiens du côté du haut Palatinat.
» C’était sans contredit le projet qu’on aurait dû exécuter.» L'empereur, le roi de France, particulièrement le maréchal de»Belle-IsIe, insistèrent pour que les Prussiens se portassent
» du côté de Tabor, de Budweis et de Neuhaus.De tous
» les partis le plus sage aurait été de ne point trop s’éloigner» de Prague, d’amasser dans cette capitale, ainsi qu’à Pardubitz» et dans d’autres villes, des vivres pour les troupes et de voir» venir les ennemis. Le roi marqua dans ce moment trop de» faiblesse ; par condescendance pour ses alliés il déféra trop»à leurs sentimens, et craignant d’être accusé, s’il tenait son» armée clouée à Prague, de n’avoir d’autre objet que de s’as-» surer des trois cercles qu’on lui avait promis, il entreprit» cette malheureuse expédition. » Si le conquérant de la Silésie,le maître le plus consommé dans l’art de la guerre, céda à desavis par lesquels son armée fut entraînée en de fausses direc-