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1er la Hollande, de manière à lui ôter jusqu’à l’espéranced’un secours étranger. La république n’avait à disposerque de 25,000 hommes commandés par le jeune princed’Orange, dont les grands talens n’avaient pas encore euoccasion de se manifester. Charleroi fut le rendez-vousgénéral de l’armée française. Cinq mille hommes restè-rent sur la haute Sambre pour observer les Espagnolsétablis dans les Pays-Bas. L’armée mise en marche le11 Mai, se dirigea par Viset à Orsoy, où elle arriva le2 Juin après avoir laissé près de Maastricht un corpsassez considérable pour en contenir la garnison. Avecl’assistance du duc de Luxembourg, commandant undétachement français, l’évêque de Munster, allié deLouis XIV., s’empara de Groll le 9 Juin. Condé et Tu-renne, chacun à la tête d’un corps particulier, se ren-dent maîtres d’Emmeric, de Rees et de plusieurs fortssitués sur le Rhin. Le fameux passage de ce fleuve prèsde Tolhuis eut lieu le 12 Juin. Condé blessé à cetteexpédition, quitte l’armée. Les Hollandais, douze àquinze mille hommes, ne pouvant pas défendre les ré-tranchemens étendus, derrière lesquels on les avait pla-cés, se replient sur Utrecht. Turenne, joignant aux trou-pes qu’on avait mises sous ses ordres, le corps deCondé, s’empare successivement d’Arnheim, de Knotzen-bourg, de Nimmègue, du fort Schenk, de St. Ander,de Worn, de Thiel, de Gennep, de Graves, de Greve-cœur, et d’autres petites places. Partant d’Emmeric avecle gros de l’armée le 16 Juin, le roi arrive le 1 7 devantDœsburg qui capitule le 21. Zuitphen se rend le 26.I,'évêque de Munster et M. de Luxembourg s’emparentvers le même temps de Déventer. Les états généraux