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impériaux, commandés par le comte de Montécuccoli.Turenne reçoit l’ordre de ne laisser au duc de Luxem-bourg que le nombre de troupes indispensablement né-cessaire à la défense des conquêtes faites en Hollande, etde se porter avec le reste sur le Rhin. Le maréchalpasse ce fleuve à Wesel le 20 Septembre à la tête de12,000 à 15,000 hommes et s’avance dans le comté dela Mark. Par la guerre de position la plus ingénieuse,en prévenant les ennemis sur tous le points, qu’ils vou-laient occuper à son préjudice, il obligea l’électeur deBrandebourg et le comte de Montécuccoli de diriger leursopérations sur Coblence et Mayence. Repassant le Rhinà Andernach il en sut imposer aux électeurs de Trêves,de Mayence et du Palatinat de manière qu’ils n’osèrentpoint accorder aux ennemis l’usage de leurs ponts. Condéchargé après le rétablissement de sa blessure du com-mandement d’une armée de 48,000 hommes destinée àla défense du haut Rhin, avait fait brûler le pont deStrasbourg. Déconcertés dans tous leurs projets, l’électeurde Brandebourg et Montécuccoli pensent finir la campagneen se retirant en Westphalie pour donner à leur troupesharrassées des quartiers d’hiver dans les évêchés deMunster et de Cologne. Mais Turenne descend le Rhin,le passe à Wesel, .rassure l’évêque de Munster et talon-nant l’ennemi sans intermission, le fait reculer jusquederrière le Weser, qu’il passe lui-même au mois deMars en 1673. Ne pouvant absolument convenir de rien,les armées ennemies se séparent. Les troupes impéria-les se retirent en Franconie, celles de l’électeur de Bran-debourg dans le pays d’Halberstadt. Il paraît surprenantque deux hommes, jouissant à juste titre d’une grande