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ment de la séparation entière des armées entrant dansleurs quartiers d’hiver respectifs. Monsieur de Spork,ayant relevé le comte de Souches dans le commande-ment, s’établit à Bonn et assigna aux troupes impérialesdes quartiers entre la Meuse et le Rhin.
Les garnisons des forteresses entrèrent souvent enactivité pendant le cours de cette campagne. Les gar-nisons françaises de Mæstricht et de Graves enlevaientde temps en temps des convois passant de la Hollandeà l’armée des alliés Pendant le séjour du prince deCondé au camp de Thiméon un détachement de deuxmille hommes, tant cavalerie que dragons, tirés des gar-nisons espagnoles de Mons, de Valenciennes et de Cam-brai, mettait entre la Somme et l’Oyse tout le pays enalarmes. Il en fut de même, lorsque l’armée françaiseoccupait les camps de Ville sur Haine et de Brugelette.La garnison de Charlemont attaquait les convois, quide Rocroy passaient à Philippéville. On subvenait à cesdésordres par des fortes escortes et par les milices dupays. Le maréchal d’Humières, ayant remplacé le ma-réchal Bellefont dans le commandement de Flandre,était autorisé à disposer des garnisons des forteressespour contenir celles des places ennemies. Malgré toutesles difficultés, auxquelles l’approvisionnement de l’arméeétait assujetti, rien n’y a manqué par la prévoyanceéclairée et active de M. de Louvois. Tous les mouve-mens de l’armée française ont pu être exécutés à pointnommé et avec la plus grande célérité. Depuis le1 0 Mai jusqu’au I 3 Octobre l’armée française sur uneétendue d’à peu près 20 milles d’Allemagne avait pris33 positions différentes, celles de Tournai, Léuze, Lens,