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Pour les campagnes suivantes le ministère françaiscontinua d’adopter le système, de faciliter la défensivegénérale par l’offensive favorisée par l’avantage del’initiative qui résultait de la difficulté que les alliéséprouvaient pour se concerter sur un plan général. L’ar-mée de Flandre se trouvait trop affaiblie par les pertesessuyées dans la campagne précédente et par les ren-forts, qu’elle avait envoyés à l’armée du haut-Rhin,pour commencer en 1675 la campagne par une opéra-tion offensive. L’empereur mit le comte de Montécuccolià la tète de l’armée qui venait d’être si maltraitée enAlsace. Ce général devait rentrer dans cette provincequ’on se flattait d’arracher à la France. Turenne passeà la rive droite du Rhin. Par les manœuvres les plussavantes il empêche Montécuccoli d’approcher de Stras-bourg, dont les impériaux pensaient faire leur placed’armes La mort du général français donna au gé-néral impérial toute la supériorité, que ses talens luiassuraient vis-à-vis des généraux incapables de mar-cher sur les traces de Turenne. Les Français attaquésdans la position d’Altenheim repoussent l’ennemi. Ilsn’en sont pas moins obligés de repasser le Rhin. Mon-técuccoli, maître du pont de Strasbourg, inonde l’Alsace.Le maréchal Créqui commandant un corps sur la Sarreest battu à Consarbruck. Les ennemis s’emparent deTrêves. Pour arrêter les progrès des impériaux l’on àrecours au génie de Condé qui, quittant l’armée de Flan-dre pour prendre le commandement de celle du Rhin,sauve Haguenau, dont l’ennemi faisait le siège. Condése retirant entièrement du service est relevé par le ma-réchal de Luxembourg.