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faire sentir en 1693. Les troupes n’étaient plus exacte-ment payées ; les cinq premières campagnes absorbè-rent en dépenses extraordinaires plus de deux cents mil-lions de livres, à peu près ce qu’a coûté de nos joursl’expédition d’Espagne, qui avait pour objet de rendre àson roi la liberté, dont les Cortès l’avaient privé. A lapaix de Riswick, conclue en 1697, Louis XIV. remit àl’Espagne Luxembourg, Mons, Ath, Courtrai et ce qu’onavait pris sur elle vers les Pyrénées. L’Empire eut larestitution de Fribourg et de Philippsbourg.
La France ne jouit pas long-temps du repos, quela paix de Riswick lui avait donné. La succession autrône d’Espagne devait être décidée par les armes. Unearmée impériale commandée par le prince Eugène pa-raît en Italie en 1701 , pour y faire valoir les préten-tions de la maison d’Autriche. Pour contester ces pré-tentions une armée française renforcée par les troupesdu duc de Savoie pénètre en Italie sous les ordres dumaréchal de Catinat. S’avançant d’abord jusqu’à l’Adigeelle est bientôt obligée de se retirer derrière l’Oglio.Mécontente de ce mouvement rétrograde, la cour fait re-lever M. de Catinat par le maréchal de Villeroi, généralprésomptueux qui pour donner preuve de son peu detalens débute par l’attaque inconsidérée du poste deChiari. Surpris à Crémone en 1702 il y est fait pri-sonnier. Vendôme mis à la tête de l’armée livre dansla même année au prince Eugène la bataille de Luzara,Les avantages qu’il y remporte ne sont pas assez con-sidérables, pour lui donner la supériorité. 11 désarmeles Piémontais sur l’information que le duc de Savoieavait pris des engagemens de quitter l’alliance de la