XXV
jusqu’au lac (Je Constance, afin d’empêcher les Françaisde couper la communication d’avec la grande arméed’Allemagne, et pour se porter en cas de besoin partoutoù il sera nécessaire. 70,000 hommes sur le Neckar.Les Russes, en s’avançant par la Bohême et les Margra-viats, formeraient, pour ainsi dire, la droite de l’arméeprincipale qui se trouverait alors forte de 150,000hommes et capable de tout entreprendre.
Le nombre des troupes ainsi distribuées et qui, àpeu près, se monterait à 330,000 hommes, n’est ni au-dessus des moyens des coalisés, ni exagéré, en égard àcelui qu’on aurait à combattre, ù l’honneur et aux inté-rêts des souverains. Les conseils téméraires ont ruinéles affaires de la première coalition, et les fautes passéesont dû nous apprendre à respecter notre ennemi touthaïssable qu’il soit. Buonaparte sera attaqué lorsqu’ilest encore entouré des prestiges do sa fortune : il fautque les premières batailles détruisent le charme souslequel il se dit invulnérable, et alors the beauty fubricof his vision disparaîtra avec la rapidité de l’éclair.
La guerre d’Allemagne et de l’Italie l’obligera à re-tirer son armée des côtes et de l’Hannovre ; il ne fautpas le laisser en repos sur ces points. Les Anglais doiventemployer une partie de leurs troupes à des expéditionscombinées avec l’intérieur, s’il est possible, et s’il existeencore des restes de la Vendée ; ou bien en portant descoups hardis sur les places maritimes du second ordreet sur la Hollande. De l’autre côté, la Russie agirait pru-demment, en ayant le plus grand reste de son arméesur les frontières de la Prusse, afin d’imposer au cabinetde Berlin à tout événement, s’il osait se conduire d’une