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S. M. l’empereur de Russie et ses ministres doiventsavoir à quoi s’en tenir à ce sujet : ce sont des faitsdont eux seuls sont les dépositaires. L’unique observa-tion qu’on osera se permettre, c’est de se mettre engarde contre toute démonstration vague de bonne vo-lonté, qui ne serait pas accompagnée de promessesréelles et solides. Si la cour de Vienne, tout en pro-testant des intentions parfaites, insistait cependant pourobtenir le temps nécessaire au rétablissement de sesfinances et au recrutement de son armée, il faudraitprendre ces expressions banales comme un refus decoopérer dans un temps convenable et d’une manièreefficace. Les finances de l’Autriche ne sortiront del’état, où elles se trouvent, jamais a temps pour que leurprospérité devienne utile aux projets dont on s’occupe.Plusieurs règnes d’une paix profonde ne suffiront paspour les SüU§trâ!re à l’ignorance et à la lenteur incon-cevable de son administration. La guerre ne leur serapas plus funeste que la paix ne l’a été. Au premiercoup de canon 30 millions de florins en papier que leurcoûtent les intérêts payés aux créanciers étrangers, ga-rantis par le traité de Luneville, cessent ipso facto.Quelques subsides de l’Angleterre, une réduction tem-poraire du reste de la dette, les succès militaires et destaxes que l’on peut encore exiger des propriétaires, lesmettront à même de suffire à tout, s’ils ont le couragede se sentir et de se reconnaître.
L’armée est dès aujourdhui sur un pied respectable.Les grands cadres de toutes les armes existent. Son or-ganisation parfaite est un avantage qu’elle a sur toutesles autres. La porter au pied de guerre, ne coûtera