DES BOUCHES A FEU.
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On emploie pour cela des escarbilles de charbon de terre quitombent dans le cendrier. On commence même par en répan-dre sur la sole avant d’y introduire le fer. Elles reçoivent lespremières gouttes du métal fondu , et elles s’élèvent avec lebain qui les rejette à sa surface. Par ce moyen, la fonte arrivebien plus promptement à la plus haute température possibleet le déchet en est diminué de moitié. Cette méthode est aussien usage dans la fonderie de Sayn.
L’assortiment de la matière qui doit entrer dans le four estréglé sur la quantité de carbonne qu’elle contient. Lorsque lafonte brute est trop grise pour le fourneau qui doit la refondre,on y ajoute du fer qui a déjà été refonduplusieursfois. On prendpour cela de vieilles bouches à feu , des masselottes , etc.
A Liège, cet assortiment est ordinairement composé de troiscinquièmes de fer cru, un cinquième d’anciennes bouches àfeu de Suède ( on en a un approvisionnement dans cette fon-derie ), et un cinquième de masselottes. On peut aussi y mettrede la ferraille : seulement le fer cru doit déjà être fondu quandon l’y introduit ; des oxides de fer, des battitures, des caffutsou buchilles , fortement oxidés, etc. , jetés dans le bain, sontutilement employés. Le salpêtre et autres matières semblablesserait un moyen trop dispendieux ; mais ou se garde bien d’yintroduire des morceaux de fer attaqués par la rouille, car ilssont difficiles à mettre en fusion.
Enfin l’expérience a pleinement démontré que pour que lespièces aient toute la résistance possible, il faut couler très-chaud. On a remarqué , par exemple , dans la fonderie deLiège, que lors de la fonte de l’un des deux canons de 3o dont ila été question plus haut, et dont la culasse s’était détachée dansl’épreuve, la matière en fusion, par un accident arrivé au four-:neau, s’étaitr éfroidie à la percée du four, de telle sorte que lors-qu’onvoa t le déboucher on eut toutes les plus grandes peines