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Souvenirs d'un alpiniste / par E. Javelle ; notice biograph. et littér. par Eugène Rambert
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ÉMILE JAVELLE

XXVII

bonne heure, que sil y a une chose stérile, cest1 espèce dantagonisme quon établit entre les études^ ordre scientifique et celles dordre littéraire et moral,b retrouvait partout les traces dun parallélisme entre* es deux séries de phénomènes, et la science lui four-rrrssait souvent, par analogie, la solution de questionsbttéraires. Une philosophie de la science, comme celle^Herbert Spencer , devait, plus que toute autre, sépa-nouir en esthétique, et par suite en rhétorique. Aussifut-il saisi dune véritable émotion lorsquil découvritluHerbert Spencer avait, de sa propre main, dansUri article déjà ancien, publié par une revue an-glaise, fixé les bases de la rhétorique positive. Il courtc bez son libraire, et met tout en oeuvre pour se pro-c urer le précieux cahier *. Il lui en coûta des démarchesSa ns fi n e t plus de deux livres sterling. Enfin, il tient1 article. Aussitôt il se met à le déchiffrer, mot à mot,a coups de dictionnaire. Il croit marcher de décou-v erte en découverte, et il apprend, en effet, desc hoses assez nouvelles : il apprend entre autres que tous^ es préceptes de la rhétorique reviennent à un seul :r éduire le frottement comme dans les machinesau minimum possible. Lidée est lumineuse, et cepen-dant, quand il a tout traduit, Javelle éprouve une sortevague désenchantement. Peu à peu limpression seP r écise : le principe du moindre frottement ne peut être

* Westminster Review, octobre 1852. Le titre de larticle est^ le Philosophy of Style; il a été reproduit dans les Essays ,

foudres 1868.