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pas. Au moment où nous la traversions, elle étaitferme encore ; il fallut se servir de la hache. Peude minutes après, nous étions à l’Epaule, le sitele plus saisissant du Cervin .
Pour la première fois, nous touchions l’arête, etnotre regard pouvait plonger sur l’effrayant re-vers qui domine le glacier de Zmutt. C’était notrepremière halte, et la seule qui fût possible jus-qu’au sommet. Devant nous se dressaient desescarpements de rochers abrupts et rougeâtres,puis au-dessus, les dernières hauteurs du Cervin ,dont on ne pouvait voir la cime ; des deux côtésde l’arête des abîmes à donner le frisson.
Assis sur une crête étroite, environnés de pré-cipices, et près du théâtre même d’un des plustragiques accidents des Alpes , nous passâmes làdans le silence un de ces moments qui ne s’ou-blient pas. Nous avions devant nous les dernièresdifficultés, les pas réellement dangereux; noustouchions au moment solennel.
Cent mètres plus haut, peut-être, sur une penterapide où nous allions bientôt passer, avait dûcommencer la chute des quatre malheureux pré-cipités dans la première ascension. J’essayai deme retracer cet effroyable drame; je ne pus yparvenir : l’abîme avait repris son éternel silence.Qu’était-ce pour lui que la chute de ces quatre