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suit presque toujours l’arête occidentale et ne s’enéloigne que très peu ; aussi permet-il au regard d’em-brasser souvent les deux versants de la montagne, ouplutôt les deux précipices que domine le colosse.L’autre s’engage sur le flanc S.-O. par une série decouloirs et ne rejoint l’arête que très haut. Ne l’ayantpas suivi, je le connais d’ailleurs fort peu. Il doit êtresensiblement plus court, peut-être plus facile, maisassurément beaucoup moins intéressant et bien plusexposé aux chutes de pierres.
Par tous les deux on aboutit au Refuge, situé surune sorte de névé neigeux appelé la Cravate. En cetendroit, on a profité d’une excavation naturelle sousun banc de rocher, et, à l’aide d’un mur en pierresèche, on a établi un excellent abri. Jamais pareil con-fort à une telle altitude. Comme celui du côté suisse ,cet abri mesure trois pas de long, six pas de large,mais il a environ neuf pieds dans sa plus grande hau-teur.
Une pelle et un pic que nous trouvâmes plantés en■dehors entre les pierres de la muraille, servent à dé-blayer la neige et la glace qui obstruent l’entrée. Al’intérieur, s’étalent, suspendus à une corde afin que laneige ne puisse les atteindre, deux vastes peaux demouton, des couvertures, un matelas en caoutchouc,que l’on gonfle à l’aide d’un petit soufflet ad hoc. Enfin,divers ustensiles de table et de cuisine. On le voit, leClub italien fait très bien les choses.
Une fois la porte fermée, le matelas gonflé, les peauxet les couvertures étendues, on est délicieusement seulà 13 000 pieds, se sentant suspendu en toute sécuritéau dessus d’affreux précipices. Affreux soit dit, sansaucune hyperbole. Au dehors, un vent sauvage mugit