23
l’Angleterre, si ce grand pays n’avait si large-ment payé sa dette à la Science.
Aussi les questions désormais à l’ordre dujour sortent-elles tout à fait du cadre primitif,borné aux détails de la configuration de l’Eu rope , à la recherche de l’ellipsoïde oscillateuren telle ou telle région et des anomalies localesde la pesanteur, pour embrasser notre globe enson entier. A ce point de vue, les plus gravesquestions sont aujourd’hui posées, et ces ques-tions ne sont plus seulement géométriques :elles touchent de très près à la Physique duglobe et à la Géologie. Qu’il me soit permisd’en donner ici une idée.
A l’origine, lorsque la Terre était en entier àl’état liquide, comme le supposaient hardimentHuygens et Newton, sa figure devait être celled’un ellipsoïde de révolution aplati aux pôles.Après bien des millions d’années, après les phasesgéologiques d’un lent refroidissement progressifqui a donné naissance, dans la croûte solidifiée, àl’étonnante diversité des continents et des bas-sins océaniques, nous retrouvons lamême figure,toujours l’ellipsoïde de révolution commo audébut. Pourquoi? par quelle mystérieuse com-pensation les déformations superficielles quivont, des plateaux de 5ooo m d’altitude en Asie aux bas-fonds de 5ooo m ou plus de profondeurdans nos océans, ont-elles pu s’opérer sansdisloquer la figure de la Terre et le niveau desmers? 11 n’y a pas bien longtemps, des géo-mètres déclaraient que cette surface des mers