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villes, et, sans diminuer les avantages actuels du producteur, abaisserautant qu’il se pourra le prix des matières premières, particulièrementcelui des substances alimentaires les plus indispensables.
Or, de tous les moyens propres à amener rapidement et sûrement l’amé-lioration si désirable de l’agriculture, un des plus certains, sans contredit,est la diffusion de ses véritables principes, la connaissance de ses procédésles plus avantageux, en un mot l’enseignement professionnel de l’industrierurale. Aussi nos premières préoccupations ont-elles toutes été tournées dece côté; et, convaincu de la vérité de cette doctrine, nous nous empres-sons de soumettre à votre approbation éclairée un projet de loi qui, ànotre sens, doit, par son application successive, faire entrer rapidementnotre production agricole dans une voie de progrès et de notable perfec-tionnement.
En ce point, au reste, nous n’innovons pas, nous venons seulement vousproposer la réalisation d’une idée qui a pris racine en France, depuis lejour où il a été reconnu que l’agriculture était le plus ferme soutien denotre prospérité. Si cette idée, appliquée à l’étranger, est restée chez nousà l’état de germe, il faut en accuser l’incurie des anciens Gouvernements,qui stimulaient outre mesure l’industrie manufacturière, et abandonnaientà elle-même, sans rien faire pour déterminer son progrès, l’industrie laplus vitale, la plus utile et la moins dangereuse , celle de la culture dusol.
Cependant, après le rétablissement de la paix générale, le mouvementagricole imprimé à l’Allemagne par Thaër et par Schvverz, eut en France,grâce particulièrement à l’illustre Mathieu de Dombasle, un grand reten-tissement; quelques tentatives isolées et particulières eurent lieu. Plus tard,le dernier Gouvernement, cédant enfin à l’impulsion du dehors, aux insis-tances de la presse agricole et aux réclamations des cultivateurs, se décidaà entrer timidement, il est vrai, dans cette voie. Trois instituts agricoles,œuvres de l’industrie privée, Grignon, Grand-Jouan et La Saulsaie, reçu-rent des subventions sur le crédit des encouragements à l’agriculture. L’ins-pection d’agriculture et quelques fermes-écoles furent fondées; là se bornal’action fort incomplète du pouvoir déchu.
Mais la République, en ouvrant une ère de progrès et de brillant avenir,devait laisser bien loin ces essais imparfaits. Sous elle l’instruction cessaitd’être un privilège et devait être dispensée à chacun selon son intelligence