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Eh bien, pour prendre les conditions les plus modestes que l’on compteprocurer à ces contre-maîtres, j’admets qu après avoir coûté pour leur édu-cation 1,700 francs à l’Etat, et y voir consacré eux-mêmes trois années deleur temps, ils puissent se contenter d’un salaire journalier de /10 sous parjour; je maintiens que la catégorie des propriétaires de France qui sonten état de se procurer un contre-maître ne travaillant pas de ses mains,mais dirigeant les travailleurs, et gagnant pour cela ko sous par jour, quecette catégorie de propriétaires est beaucoup trop restreinte en France pourqu’il soit possible de placer tous les élèves qui sortiront de vos fermes-écoles. En effet, vous voulez avoir trois cent soixante-six écoles qui four-niront annuellement environ quatre mille sujets. Je demanderai à quiconques’est occupé d’exploitation agricole et des besoins de cette industrie, s’il re-garde comme possible de trouver à placer quatre mille sujets formés dansles établissements pour lesquels on réclame 6 millions et demi par an.Quant à moi, je crois que le nombre de ces écoles est trop grand, et l’As-semblée fera bien d’arrêter comme chiffre définitif ce qu’on propose commechiffre provisoire et pour commencer, c’est-à-dire, une ferme-école par dé-partement.
Pour le moment je m’abstiens de parler des fermes régionales, quoique jesois disposé à en admettre un certain nombre, non pas vingt, parce qu’onne saurait trouver ni des professeurs pour en occuper les chaires, ni desplaces pour les élèves qu’ils formeraient. J’aurai occasion de revenir sur cequi les concerne. Je me borne à quelques mots en passant. Je dis qu’il n’estpas possible d’admettre, sans examen, la proposition de faire faire de l’a-griculture en régie pour le compte de l’État, par des fonctionnaires, etde renier ce principe répété tant de millions de fois depuis des siècles, etqui ne pourrait être contesté que par des personnes étrangères à la pratique,à savoir, que, là où la présence du maître manque, l’agriculture ira toujoursmal. S’il y a une industrie au monde pour laquelle la présence de l’hommeintéressé par-dessus tout, la présence du propriétaire soit indispensable,assurément c’est l’agriculture. J’ose le dire, l’idée de faire faire de l’agri-culture en régie, de faire faire de l’agriculture par des fonctionnairesrecevant du trésor un traitement fixe, quels que soient les résultats deleur exploitation, me paraît être une idée malheureuse.
Je laisse de côté ce qui est relatif à J institut agronomigue , et je reviens surmes pas pour vous faire remarquer, encore une fois, l’immense lacune que