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Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
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vingtièmes dans cette population si morale, si sage, si constante dans sestravaux, dont chaque famille vit de lexploitation de deux ou trois hectaresde terre. Vous navez rien fait pour cette population démocratique; vouslavez oubliée. Je veux faire quelque chose pour ses besoins : je veux lui in-diquer les moyens daméliorer la situation, je veux lui ouvrir les voies dela fortune.

Cette classe se partage en deux catégories : vous avez près de 3 mil-lions de citoyens dont la contribution ne sélève pas à 3o francs, et il y ena i,5oo,ooo qui payent de 3o à 3oo francs dimpôts.

Quelques mots sur les uns et les autres, et dabord sur la très-petite pro-priété, sur celle qui paye moins de 3o francs.

Eh bien! cette population de gens, que quelques philosophes consi-dèrent comme ce quil y a de plus malheureux en France, renferme unnombre considérable dhommes qui, non-seulement sont très-heureux,mais qui pourraient fournir à des hommes placés plus haut, comme ondit, le modèle de ce quil faut faire pour être un bon Français, un bon ci-toyen. Cette petite propriété, dont limpôt le plus élevé ne va pas à plus

de 3 o francs, fournit à bien des égards un vrai modèle dagriculture.

On pourrait dire que lagriculture française na fait vraiment de progrèsque dans cette classe. Beaucoup de personnes répètent que, depuis 1789 ,si la France sest mise en mesure de nourrir dix ou douze millions dhommesde plus quavant cette époque, cest que la science sest répandue chez lesgrands propriétaires. Hélas! 11 sen faut bien que léloge soit mérité ! lesgrand propriétaires nont rien fait; la petite propriété a fait au contraire degrands progrès; elle a fait merveille,

Ainsi, ces vastes domaines qui autrefois étaient des champs incultes et quiappartenaient à de grands seigneurs, découpés en parcelles, sont devenusde vrais jardins. Le propriétaire qui a 2 ou 3 hectares pour domaine etpour atelier, cultive de telle sorte quil na pas besoin daller à une écoledagriculture pour apprendre son métier ; il est plutôt capable de donnerdes leçons en cette matière.

Messieurs, la seule chose quon puisse faire pour cette classe de culti-vateurs, et depuis si longtemps quon agite cette question de lagriculture,je n'en ai jamais entendu dire un seul mot..., la seule chose quon puissefaire pour cette classe, cest de prendre des mesures pour que les engrais