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vingtièmes dans cette population si morale, si sage, si constante dans sestravaux, dont chaque famille vit de l’exploitation de deux ou trois hectaresde terre. Vous n’avez rien fait pour cette population démocratique; vousl’avez oubliée. Je veux faire quelque chose pour ses besoins : je veux lui in-diquer les moyens d’améliorer la situation, je veux lui ouvrir les voies dela fortune.
Cette classe se partage en deux catégories : vous avez près de 3 mil-lions de citoyens dont la contribution ne s’élève pas à 3o francs, et il y ena i,5oo,ooo qui payent de 3o à 3oo francs d’impôts.
Quelques mots sur les uns et les autres, et d’abord sur la très-petite pro-priété, sur celle qui paye moins de 3o francs.
Eh bien! cette population de gens, que quelques philosophes consi-dèrent comme ce qu’il y a de plus malheureux en France, renferme unnombre considérable d’hommes qui, non-seulement sont très-heureux,mais qui pourraient fournir à des hommes placés plus haut, comme ondit, le modèle de ce qu’il faut faire pour être un bon Français, un bon ci-toyen. Cette petite propriété, dont l’impôt le plus élevé ne va pas à plus
de 3 o francs, fournit à bien des égards un vrai modèle d’agriculture.
On pourrait dire que l’agriculture française n’a fait vraiment de progrèsque dans cette classe. Beaucoup de personnes répètent que, depuis 1789 ,si la France s’est mise en mesure de nourrir dix ou douze millions d’hommesde plus qu’avant cette époque, c’est que la science s’est répandue chez lesgrands propriétaires. Hélas! 11 s’en faut bien que l’éloge soit mérité ! lesgrand propriétaires n’ont rien fait; la petite propriété a fait au contraire degrands progrès; elle a fait merveille,
Ainsi, ces vastes domaines qui autrefois étaient des champs incultes et quiappartenaient à de grands seigneurs, découpés en parcelles, sont devenusde vrais jardins. Le propriétaire qui a 2 ou 3 hectares pour domaine etpour atelier, cultive de telle sorte qu’il n’a pas besoin d’aller à une écoled’agriculture pour apprendre son métier ; il est plutôt capable de donnerdes leçons en cette matière.
Messieurs, la seule chose qu’on puisse faire pour cette classe de culti-vateurs, et depuis si longtemps qu’on agite cette question de l’agriculture,je n'en ai jamais entendu dire un seul mot..., la seule chose qu’on puissefaire pour cette classe, c’est de prendre des mesures pour que les engrais