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Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
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Le citoyen Président. La parole est à M. Amable Dubois.

Le citoyen Amable Dalois. Messieurs, ce nest pas sans un certain senti-ment dhésitation que je viens prendre la parole contre le projet pré-senté par lhonorable ministre de lagriculture. 11 ma fallu la consciencedune conviction profonde; il a fallu trouver mon avis appuyé par lavispris auprès de personnes très-compétentes , pour me confirmer dans larésolution que javais prise.

Je viens donc repousser le projet, dabord comme inopportun, vu létatde nos finances ; en second lieu, parce quil ny a pas en France le personnelnécessaire pour créer ces écoles ; en troisième lieu, parce quon nen retirerapas, selon moi, lutilité quon en attend; enfin, parce quil y a dautresmoyens pour amener promptement, efficacement, instantanément, degrandes ressources à lagriculture.

Parlons dabord de linopportunité. Il ny a pas long-temps que M. leministre des finances vous présentait ici le budget de notre position finan-cière; il vous disait quaprès avoir présenté certains projets dimpôts nou-veaux, après avoir défalqué certaines non-valeurs sur les anciens impôts, sinous ne voulions pas tirer à vue sur sa caisse pour de nouvelles dépenses,il pourrait à peu près mettre les deux bouts ensemble. Eh bien ! depuisce temps quelle a été notre position ? Dune part, quelques-uns des impôtsnouveaux qui ont été présentés ont été rejetés; dautres qui ont été pré-sentés depuis seront probablement admis avec des modifications telles quece quon attend de leurs revenus ne donnera pas, à beaucoup près, cequon avait compté; dun autre côté, les impôts anciens ont été diminuéspour quelques-uns. Ainsi, vous avez diminué le droit de poste, ainsi onvient vous demander une diminution considérable sur limpôt du sel, quepeut-être vous adopterez, beaucoup de non-valeurs arriveront au delà desprévisions du ministre.

Il faut dire, parce que cest la vérité, que, dans nos campagnes, toutle monde en est à son dernier écu; limpôt des 45 centimes se paye, maisvous avez encore limpôt annuel, et vous aurez à décompter sur les valeursque vous en attendez. Les dépenses, dun autre côté, ont augmenté dunemanière considérable; vous avez voté, il y a quelques jours, 5o millionspour lAlgérie; on vous a présenté un projet de 90 millions pour les colo-nies, que la commission, si je suis bien informé, doit porter à 120 mil-lions.