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Mais aussi combien y en a-t-il qui ne produisent aucun effet sérieuxdans le pays?
Pour ma part j’ai l’honneur d’être président d’un comice d’agriculture.( On rit. )
Eh bien, voici un fait assez singulier : Dans un canton où il y a vingt-quatre mille cultivateurs, je reçois en tout, pour encourager l’agriculture,et pour lui donner sans doute un élan magnifique et national, je reçois100 francs, c’est-à-dire, un demi centime par tête.
Vous comprenez que, si les choses devaient rester sur ce pied-là, il seraitinutile d’avoir des comices agricoles et des sociétés d’agriculture figurantau budget.
Un représentant. Sous la monarchie?
Le citoyen Hovyn-Tranchère. Sous la République il n’en est pas encoreautrement.
Arrivons à l’objet tout spécial de cette discussion, â l’enseignement agri-cole.
Le projet, tel qu’il vous*est présenté, répond-il à toutes les justes exi-gences? Je ne le pense pas. Il ne sort pas du département ministériel del’agriculture, et j’aurai voulu le voir pénétrer dans le département minis-,tériel de l’instruction publique; je ne pense pas qu’il y soit prohibé àl’entrée. Ainsi pourquoi ne pas lui avoir ouvert à deux battants les portesde vos collèges, les portes de vos lacultés, les portes de vos institutionsprimaires.
Je ne mets pas en doute l'excellence de l’éducation quenous recevonsdans les collèges ; après neuf ans de pensums, de prix d’excellence, nous ensommes tous sortis forts en versions et surtout forts en thèmes. Mais quesavions- nous de l’agriculture? Pas un mot. L’épi de blé était un inconnupour nous, et nous ne connaissions la charrue que parles vers du douxVirgile.
Montons jusqu’au sommet de renseignement. 11 y a dans les facultés deschaires de zoologie, au collège de France, des chaires de sanscrit, etc. Ehbien, où sont, le vous le demande, les chaires d’économie rurale? Nullepart, que je sache.
Les adversaires de ces idées ne manqueront pas sans doute de voir là, lacréation d’une foule de demi-savants agricoles qui viendront faire concur-