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la France d’être éminemment agricole ; c’est nécessaire et pour notre sécu-rité et pour le développement de notre industrie.
Je crois que cette révolution, qui a fait malheureusement beaucoupde mal, aura ce résultat immense dans l’intérêt de l’agriculture : c’est queles grands propriétaires qui ne séjourneront plus dans les cours, puisqu’iln’y en aura plus, ni dans les grands centres de population qui tendent à sedissoudre, non pas par le fait de votre loi, mais parce que la populationtend à se disséminer sur le sol de la France; les grands propriétaires com-prendront que leur intérêt, l’intérêt de leur influence doit être fondé surle séjour qu’ils feront à la campagne; ils sentiront aussi qu’ils ne peuventpas rester au-dessous de la population qui les entoure, et que le seulmoyen d’acquérir cette influence sera de se mettre à la tête de l’agricultureet d’en étudier les conditions.
Un membre. Où iront-ils étudier?
Le citoyen Laussat. Ils iront moins à l’Institut de Versailles que partoutailleurs.
Ils iront étudier, s’ils veulent faire un cours de chimie, à la faculté dessciences de Paris. S’ils veulent faire un cours d’horticulture , ils ont, à Paris,des écoles d’agriculture, au jardin des Plantes; ils iront là puiser la scienceà sa véritable source, auprès de professeurs illustres.
Ce qui a manqué jusqu’ici, c’est le goût de l’étude; mais je dis que,même avec votre projet et malgré votre projet, vous ne pouvez faire quedans ce moment-ci vous ne manquiez de professeurs en dehors des écolesdes facultés des sciences; et, ne l’oubliez pas, l’agriculture est la science detoutes les sciences.
Vous aurez beau créer à grands frais votre Institut agricole et peupler laFrance de professeurs, certainement vous ne viendrez pas à bout de popu-lariser vos fermes-écoles, pas plus que vos fermes régionales, par la raisonque la science ne donnera pas le capital qui manque à l'agriculture.
Je conclus contre tout le projet. (Très-bien! très-bien!)
Le citoyen Président. La parole est à M. Morhéry.
Le citoyen Morhéry. Citoyens représentants, c’est comme agriculteur queje viens défendre le projet qui nous est présenté par M. le ministre de l’a-griculture.
Je m’étonne que, dans une chambre démocratique, quia témoigné tant