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l’instruction des écoles régionales? Pour quelques-uns d’entre eux, vousaurez des places de professeur, vous aurez des places d’inspecteur; mais' enfin vous ne voulez sans doute pas, à l’avance, vous engager à ouvrir, auxfrais du budget, un débouché dans l’administration à tous les sujets quevous formerez ainsi. Eh bien, que deviendront les autres, ceux que vousne placerez pas, ceux dont vous ne ferez pas des professeurs ou des ins-pecteurs ?
Deviendront-ils métayers? Tout le monde sait que ce serait, après leuravoir donné l’intelligence du progrès, les placer précisément dans unesituation où le progrès n’est presque pas réalisable.
Deviendront-ils régisseurs ? Mais l’exploitation par des régisseurs sera tou-jours, dans les conditions économiques de la propriété en France, un faittellement exceptionnel, que, pour ma part, je considérerais comme quelquechose d’insensé, de fonder des établissements qui auraient pour but decréer des régisseurs.
Deviendront-ils fermiers? Mais, remarquez-le bien, pour être fermiers,il faut disposer d’un capital que ces jeunes gens n’ont pas; pour être fer-mier d’un domaine un peu étendu, il faut disposer d’un capital fort con-sidérable.
Et puis, faites attention à ceci : je soutiens qu’en France les grands pro-grès , les progrès sérieux en agriculture ne peuvent presque plus être accom-plis par des fermiers; iis ne peuvent l’être que par les propriétaires-culti-vateurs.
Je dis que le progrès par les fermiers est presque impossible aujourd’huien France : pourquoi? parce que ce progrès exigerait de longs baux.
Eh bien, Messieurs, on a essayé bien des combinaisons pour arriver àce résultat d’allonger la durée moyenne des baux, on échouera toujours;il est impossible de concilier l’existence de longs baux avec une propriétéaussi mobile que l’est aujourd’hui la propriété foncière en France.
C’est poursuivre un but absolument chimérique. Mais ici se révèle l’har-monie véritablement admirable des faits économiques, cette harmoniequ’on découvre facilement à travers des désordres apparents, quand onobserve avec un peu d’attention cette loi des successions, qui est véritable-ment, en France, la charte impérissable de la bonne et saine démocratie;cette loi, qui est un obstacle aux longs baux, a, d’un autre côté, pourrésultat, ce que je démontrerais si je ne craignais pas de fatiguer l’Assem-