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Je ne nie pas le parti qu’on peut tirer de primes ainsi données, maisje maintiens que ce n’est pas là de l’instruction agricole; c’est un autre em-ploi de fonds, mais ce n’est pas ce que nous voulons faire. Nous auronsà l’apprécier plus tard.
M. Dezeimeris dit que nous ne répondons pas au besoin de k millions decotes foncières de 1 à 3o fr. Je commence par dire que je suis très endéfiance contre les chiffres ainsi apportés. Il est très-difficile, et j’en ai depuisdeux ou trois jours acquis la certitude, car j’ai voulu me renseigner, il esttrès-difficile de déterminer nettement quel est l’état de la propriété enFrance.
Nous savons exactement comment elle se divise , nous ne savons pascomment elle se constitue. Il est certain, par exemple, qu’il se trouve untrès-grand nombre de maisons bâties dans les villes, et tout le monde com-prend que, dans les villes, par exemple, où l’industrie et le commerce sedéveloppent, vous avez une grande quantité de propriétaires qui ne s’in-téressent que comme consommateurs aux produits agricoles.
Ainsi, ne croyez pas, ne supposez pas que les chiffres qu’on nous adonnés puissent mener à une conclusion différente que celle que je vousai proposée : vous seriez dans l’erreur. Je crois que le mieux est de s’entenir à l’appréciation de nos besoins, d’après la connaissance que nousavons de notre pays, et chacun de vous peut parfaitement juger si le projetque je présente répond aux besoins des localités,
Une autre préoccupation a dominé l’Assemblée : on a craint qu’unefois engagés dans cette voie, il fût, si nous la reconnaissons mauvaise, im-possible de nous en tirer. C’est une des observations qu’a présentées l’hono-rable M. Buffet, qui disait que c’était dès aujourd’hui et à toujours quenous allions grever le budget d’une somme de 6 à 7 millions. tUn motd’explication sur ce fait.
Messieurs, ce n’est pas le moins du monde exact; faites attention à laposition d’une ferme-école; elle sera, à titre onéreux pour l’État, constituéepour un temps voulu. Vous êtes en face d’un homme qui prend avec vousun engagement, qui le prend pour un temps donné, et qui est propriétaireou fermier de la propriété dont il jouit. Rien au monde n'empêcheral’Etat, si ce que nous en attendons n’est pas en rapport avec ce quenous obtiendrons, de rompre cet engagement dès l’instant même que lebien que nous croyons certain ne sera pas arrivé.