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Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
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moins fâcheuse sür l’esprit des populations au milieu desquelles elle s'exer-cera.

Quant à vos élèves, qui sans doute sont destinés, non pas seulement àfaire des professeurs, mais à entrer dans la vie pratique, dans la réalité desfaits, comme propriétaires, régisseurs ou fermiers, où pourront-ils, je vousle demande, appliquer cette agriculture d’exception qui leur est offerte? et,sans aller plus loin, dans quelles mains, en France, trouveront-ils 60 millefrancs par an, disponibles pour la culture d’une ferme de 120 hectares,non compris les frais de cheptels et de mobilier rural? Dans les cas fortrares où les hommes que vous aurez formés auront ce capital et se livrerontaux pratiques agricoles qu’il comporte, pensez-vous que leur exemple, s’ilsviennent à prospérer, sera bien puissant sur un pays comme le nôtre?

Non, car, oubliant leur habileté positive, mais aidée de moyens aussiexceptionnels, la population oubliera cette habileté pour ne faire attentionqu’à une chose, c’est que les résultats sont dus à l’emploi de capitaux, qui,dans notre pays, ne sont aux mains de personne, ou à peu près. Ce n’estpoint ainsi, Messieurs, que nous devons espérer la propagation de lascience.

On veut, dit-oli, dans les fermes régionales ainsi cultivées aux frais del’Etat par des régisseurs, laire des expériences toujours plus ou moins coû-teuses aux agriculteurs, èt des études comparatives que l’industrie privée nepeut pas faire; mais est-il donc nécessaire de faire faire ces expériences pardes hommes qui ne seront intéressés à leur œuvre que par leur 5 ,000 francsde traitement, et dont l’avenir dépendra d'un changement ou d’un capriceministériels?

Sans doute, et j’en ai même la certitude pour le moment présent, sansdoute vous choisirez ces hommes parmi ceux qui vous donneront des ga- •Nanties de conscience et d’habileté; mais auront-ils jamais, comme les pro-priétaires des fermes-écoles, leurs directeurs fermiers à long terme, culti-vant pour leur compte, les motifs de soins assidus et de tous les moyensque donne seul l’intérêt personnel bien compris? Je ne le crois pas.

D’ailleurs, Messieurs, jetons les yeux autour de nous dans le pays, danscette enceinte même, où se trouvent bon nombre d’hommes qui ont pra-tiqué la science agricole et l’ont faite progressive, en trouverons-nousbeaucoup parmi eux qui aient jugé nécessaire, pour comparer ou expé-rimenter, d’admettre sur des domaines entiers une culture hypothétique?