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Supposons, par exemple, un cultivateur exploitant à sa manière, quiprobablement est la bonne, une terre de six hectares.
En vue de la prime de 5oo fr. il n’hésitera pas, pour flatter le pro-gramme, à mettre en plantes fourragères une surface de cinq hectarescinquante ares au moins. S’il obtient la prime, et il serait difficile qu’il nel’obtînt pas, en exagérant la culture fourragère, il aura fait une excellentespéculation, car, indépendamment de la valeur de son énorme pose defourrages, il touchera, à coup sûr, pour chacun de ses six hectares, unesomme de 83 francs.
A ces conditions, Messieurs, je n’hésiterais pas à mettre en plantes four-ragères la presque totalité de mes champs ; je cultiverais la prime; car jetrouve, en prenant une moyenne des dix dernières années, qu’un hectare deterre ne me rapporte net que i i3 fr. Il est bien entendu d’ailleurs que, laprime venant à cesser, je rentrerais dans ma culture ordinaire.
Il est bien loin de ma pensée de contester l’utilité des primes, lors-qu’elles sont appliquées à des objets spéciaux dont on veut favoriser leprogrès; pour des questions générales, et par conséquent un peu vagues,je les considère comme impuissantes, comme inutiles.
Je sais que l’honorable M. Dezeimeris est très-grand partisan des four-rages. (On rit.) Chacun son goût. (Hilarité bruyante.) Mon Dieu!
Messieurs, ma pensée a été mal comprise.
De toutes parts. Non! non! c’est une mauvaise plaisanterie! Continuez!continuez !
Le citoyen Boussingault. Le fourrage, c’est de la viande!
Je respecte et je partage même dans une certaine limite les convictionsde notre honorable collègue (Nouvelle hilarité), mais je ne puis m’empê-cher de faire remarquer qu’il est difficile d’admettre que partout et tou-jours la culture exagérée des fourrages soit la plus avantageuse, celle quidonne le plus de profit, et il me semble que, lorsqu’il s’agit de se prononcersur tel ou tel système agricole, on doit tenir grand compte de la naturedu sol, du climat, et surtout de la situation commerciale. Je crois, d’ail-leurs , que l’Assemblée nationale doit bien se garder de décréter quelle estl’agriculture la plus simple, la plus productive et la plus fécondante. Je votecontre l’amendement. (Très-bien!)
Le citoyen de Montreuil. Je demande la parole contre l’amendement.
De toutes parts. Aux voix l’amendement !