Buch 
Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
Entstehung
Seite
513
JPEG-Download
 

— 513 —

tion à l’agriculture. Vous tendez vers ce but par votre projet, je le reconnaisavec' bonheur, mais vous n’accordez pas cette protection dans la mesureoù elle serait sentie immédiatement, et deviendrait un bienfait. Vous avezimposé, vous imposez tous les jours les plus lourds sacrifices aux travail-leurs de nos campagnes; donnez-leur donc par des primes, et dès aujour-d’hui même, le signe irrécusable de votre intérêt pour eux. (Très-bien!)Les écoles que vous formerez ne pourront évidemment servir qu’à l’inté-rêt de l’avenir; les enfants qui passeront trois années dans ces écoles, cesenfants, je vous le demande, vont-ils donner à l’agriculture un puissantessor? Évidemment non; tandis que les primes d’encouragement, au con-traire , vivifieront immédiatement la première de nos richesses nationales,et vous feront bénir des laboureurs. (Très-bien ! très-bien!)

Je regrette vivement que M. le ministre de l’agriculture résiste à l’invi-tation que nous lui en faisons avec instance. Les primes d’encouragementà l’organisation de l’agriculture sont les moyens les plus puissants... (Inter-' ruption.)

Monsieur de Tillancourt, vous êtes un interrupteur continuel. (On rit.)

Le citoyen de Tillancourt. Je vous demande mille pardons; je n’ai pas ou-vert la bouche. (On rit.)

Le citoyen de Montreuil. Je sais que M. le ministre doit présenter bien-tôt des décrets dans le sens que j’indique ; je le supplie de hâter leur pré-sentation, car seuls ils peuvent donner une base solide au projet actuel.Je n’en déplore pas moins qu’on ait voulu débuter par les grandes mesuresque les besoins du temps, que le progrès réclament, mais qui devaientsuivre et non précéder. II est vrai que des primes d’encouragement, c’esttrès-vulgaire ; c’est agir comme on l’a fait de tout temps, quoiqu’on eûtagi sans doute dans une mesure plus large et plus féconde que par lepassé; il est vrai que les fermes-écoles, c’est bien modeste; il y a aussieu de tout temps des fermes-écoles; les fermes expérimentales ont aumoins une prétention plus haute, et je conçois qu’on s’est plu à en hâterl’éclosion.

Est-ce à dire que je blâme les fermes expérimentales? Non, certes; jeles approuve, au contraire, précisément par ce qui leur attire le blâmede quelques-uns de nos honorables collègues.

Voici pourquoi : c’est que les fermes expérimentales feront, aux dé-pens de l’Etat, ce que les agriculteurs généreux, mais imprudents, font à

65