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M. Je ministre du commerce et de l’agriculture a dit que sans un grosbudget, nous le mettions dans la condition d’un homme à qui on coupe lesjambes, et à qui on dit : Marche.
La comparaison n’est pas juste; avec les gros budgets on marche, maison n’avance pas.
Je ne crois pas à la puissance des gros budgets.
Le citoyen Tourret, ministre de l’agriculture et du commerce. Je n’ai pas parléd’un gros budget.
Le citoyen Guichard. Je crois, au contraire, à leur impuissance, parceque les gros budgets tarissent la source en même temps qu’ils l’ouvrent,parce que les gros budgets dessèchent plus qu’ils ne fertilisent. L’argentn’est pas tout en administration; le zèle, l’activité, une bonne police, lesidées ont aussi leur puissance. Je suis partisan de ces vieilles idées de Gou-vernement à bon marché, dans lesquelles je vous demande la permissionde persister tant que je ne verrai pas la prospérité publique naître d’unbudget rectifié de 1,800 millions. (Aux voix!)
Le citoyen Président. Pendant que l’orateur était à la tribune, MM. de Montreuil et Aubry m’ont remis un amendement qui serait plus large, et quiest ainsi conçu :
« L’enseignement professionnel de l’agriculture est gratuit dans sesdifférents degrés. »
Cet amendement laisse intactes toutes les questions.
Le citoyen Tourret, ministre de l agriculture et du commerce. Je ne serais pasmonté à la tribune s’il ne s’agissait pas de dire ce que veut faire le Gouver-nement.
Je n’ai jamais entendu repousser l’intervention du département; maissavez-vous dans quelle limite? Quand il s’agira de fermes-écoles, il y aurades frais d’appropriation indispensables à certaines localités; et, voulantme renfermer dans les limites du projet de loi et ne pas porter une sommeplus considérable au budget de l’Etat, je dirai à chaque département :« Vous voulez une ferme-école ; mais la somme quelle nécessitera estplus considérable que celle que je puis donner; vous allez donc y contri-buer pour une partie. » C’est ce qui s’est toujours fait ; pour toutes lesfermes-écoles qui ont été instituées, on a procédé ainsi, et je ne crois pasquil y ait à dévier de la route qui m’a été tracée.
Maintenant, un mot à M. Guichard.