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Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
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dantes subventions, vous rendez à ces associations agricoles leur liberté d’action , vous multiplierez dans tous les cantons d’utiles expériences sur la cul-ture, sur les assolements, l’élève des bestiaux et le croisement des races,etc.; les découvertes faites seront aussitôt appliquées; un immense élansera immédiatement imprimé à toute la population agricole; vous arriverezen peu de temps à des résultats qui dépasseront vos espérances, et qui nepeuvent être dus qu’au développement du principe républicain appliqué àcet enseignement.

Soyez persuadés que les comices agricoles renferment plus d’expérience,plus de pratique, plus de véritable science applicable que vous ne pouvezespérer d’en trouver ni chez vos professeurs, quelque heureux que soientvos choix, ni dans vos bureaucrates que vous nommerez pour réglementeret centraliser l’enseignement.

Pour satisfaire aux principes que j’ai exposés, il faudrait réduire les ter-mes-écoles à quatre-vingt-six, les mettre sous la surveillance des conseilsd’agriculture, réduire les fermes régionales à cinq ou six, conserver l’ins-titut agricole, et consacrer les économies qui résulteraient de ces réduc-tions aux encouragements à donner aux petits cultivateurs, par l’intermé-diaire des comices et des conseils d’agriculture.

Le projet ministériel, qui ne porte en compte aucun encouragement àdonner aux cultivateurs, occasionnerait une dépense annuelle d’entretiende 6,2/i4,ooo francs. Si le projet était réduit aux proportions que je viensd’indiquer : quatre-vingt-six fermes-écoles, six fermes régionales avec l’ins-titut agricole, la dépense ne serait plus que de i,63o,ooo francs. Il resteraitdonc disponible 4 , 61 3 ,900 francs, ce qui ferait en moyenne, l’énormesomme de 53 ,600 francs à distribuer par département, comme encoura-gement aux petits cultivateurs qui auront produit le plus de plantes four-ragères, le plus de plantes sarclées, augmenté le plus le nombre de leursbestiaux, la quantité et la qualité de leurs fumiers : car les engrais sont, engénéral, mal soignés par nos villageois avant qu’ils ne les livrent à la terre.Or toutes les améliorations essentielles, si l’on y ajoute encore le croisementdes races, se réduisent, pour le moment, à ces faits si simples qui n’ontpas besoin d’être longuement enseignés. Il reste à citer, aujourd’hui encore,une agriculture de luxe dont l’enseignement est plutôt nuisible qu’utile auxpetits propriétaires.