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Je ne veux pas, messieurs, encourir le reproche, l’analhème, pour ainsidire, que l’on a jeté, il y a quelques jours, à quelques-uns des orateursqui se sont permis de faire quelques objections contre le projet de décret.Eh bien, non, je ne suis pas un partisan à tout prix de l’ignorance. Je croisque l’ignorance, en agriculture comme en toute autre chose, est un obstacleinvincible au progrès; mais, permettez-moi de le dire aussi, je ne crois pasque le système d’instruction agricole qui est proposé par le projet de décretréponde à tous les besoins, et surtout satisfasse à toutes les conditions de laquestion qui nous est soumise aujourd’hui.
En effet, que voulons-nous? Nous voulons imprimer, par tous les moyenspossibles, un mouvement prompt et rapide à notre agriculture, qui n’apas suivi le progrès de notre industrie.
Un membre. Mais c’est la discussion générale.
Un autre membre. C’est adopté.
Le citoyen Desmolles. Pardon , on n’a pas adopté qu’il y aurait une ferme-école dans chaque département, et je crois avoir le droit d’expliquer pour-quoi je ne pense pas que, dans certaines conditions, les fermes-écolespuissent atteindre le but que nous nous proposons.
Les partisans, même les plus prononcés, de ces institutions, reconnais-sent eux-mêmes que ce ne peut être que dans un temps plus ou moinslong, et je dis, moi, très-long, quelles pourront produire le résultatqu’on en attend. Eh bien, je crois que le problème à résoudre est urgent.
Vous savez tous que les produits de notre sol sont à peine dans desconditions suffisamment favorables pour alimenter nos populations. Un hiverqui n’est pas loin de nous, nous a prouvé que c’était là une question dontil fallait sérieusement, très-sérieusement nous préoccuper.
Eh bien, je crois que dans un grand nombre de localités, si l’on attend,des progrès qui doivent résulter de l’enseignement agricole, les améliora-tions dont on a besoin, on attendra encore longtemps, et nous auronsencore des crises de subsistances très-difficiles à traverser avant d’être par-venus à ce but.
Dans quelles circonstances les fermes-écoles peuvent-elles être utiles?sont-elles même nécessaires? Je vais vous le dire : elles le seront surtoutdans les pays qui en ont le moins besoin. Je crois que là où l’agriculturea fait des progrès, où l’on trouve généralement répandues les bonnes mé-thodes de cultures, où il n’y a plus que les perfectionnements à obtenir,