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Les promenades ne manquent pas autour de Gryon ; mais ilen est une qui mérite d’être particulièrement recommandéeaux touristes qui y arrivent en voiture le matin pour en re-partir le soir, et qui n’ont que peu d’heures à y passer C’estcelle du mont de Jorogne, qui domine immédiatement le vil-lage, et dont les crêtes sont couronnées de légers mélèzes. Tousles sentiers qui montent y conduisent, et lorsqu’une fois on yest, le mieux est de s’y perdre. C’est un vaste plateau ondulé,avec des dépressions marécageuses, des terres plus ou moinsboisées et partout de brillantes échappées de vue. Quand onse trouve sur le versant de l’Avançon, on a le même pano-rama que du village, mais plus libre encore, plus complet.Quand on aborde l’autre versant, on découvre la vallée de laGryonne, les riches montagnes d’Ollon , les sommets de Cha-mossaire, les tours d’Aï, la large vallée du Rhône , dominéepar la chaîne sévère des monts de Savoie , puis le lac et leJura , qui bleuit dans le lointain. Si l’on choisit bien son pointde vue, on peut avoir les deux perspectives à la fois; on peutaussi passer de l’une à l’autre, et se perdre, entre deux, dansdes plis de terrain, d’où l’on ne voit que les mélèzes alentour,devant soi l’herbe touffue, et au-dessus le grand ciel bleu.
On peut se faire montrer, à quelque distance de Gryon ,une pierre, dite la pierre du sauvage, qui représente assezimparfaitement un homme couché. Les gens du pays assurentqu’elle a été appelée ainsi en souvenir d’un personnagemystérieux, dont on n’a jamais su le nom ni l’histoire >et qui venait chaque jour s’y asseoir. Le doyen Bridel en afait le sujet d’une romance, qu’on trouvera dans le tome I er