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mètres. A peu près à mi-hauteur, c’est-à-dire à 800 mètresau-dessus de la plaine, et à 800 mètres au-dessous du sommet,la monotonie de la pente est interrompue par une large espla-nade creusée, aux plis partout verdoyants. Là se trouvent deuxvillages, dont l’un, Ghesières, est situé dans un enfoncement,et dont l’autre, Villars, occupe en arrière une position plusdominante. La terrasse sur laquelle ils reposent jouit d’unevue très ouverte sur la vallée du Rhône, sur les montagnesde Savoie situées en face, sur la Dent du Midi, dont on com-mence à découvrir la plus large façade, et sur les hautes som-mités neigeuses d’où naissent les glaciers du Trient, du Touret d’Argentière, dans le groupe du Mont-Blanc . Cette vue,moins romantique que celle de Gryon , a des horizons lointainsplus majestueux, et les premiers plans en sont plus reposantspour l’œil. On ne se sent ni juché sur une pente, ni resserrédans un vallon. La terrasse de verdure qu’on a immédiatementsous les yeux s’incline doucement vers la plaine; plus loin,sans doute, la pente est abrupte ; mais elle se dérobe. De làun effet d’élévation, sans rien qui donne l’impression du•vertige. On a l’air de la montagne, on en a les perspectives,sans en avoir les aspérités, et, par une heureuse rencontre,il se trouve que l’harmonie est parfaite entre la beauté pluscalme des premiers plans et les tableaux qui se déroulent àl’horizon.
Les Plans, Gryon et Villars, trois stations également alpes-tres, représentent trois types bien caractérisés. Dans la pre-mière, on est comme enveloppé par la montagne; on ne voitqu’une cime, on la touche, et le contraste entre les hauteurs