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Bex et ses environs guide et souvenir / E. Rambert
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dautres plantes alpines ; pour peu quon sécarte du chemin,sur la gauche, on trouve la forêt tapissée de mousses épaisseset toujours fraîches. Si on lève les yeux, on voit les parois duMuveran, véritable fouillis de pics entassés les uns sur lesautres jusquà une hauteur vertigineuse. Leffet en est surtoutgrand le matin, lorsque les rayons du soleil, glissant obli-quement sur les parois du précipice, nen éclairent que lessaillies.

Il est peu dendroits lon puisse se faire une plus justeidée de ce que sont au premier printemps les avalanches deshautes Alpes . Elles partent des réservoirs supérieurs, levent amasse la neige, se précipitent par les couloirs qui sil-lonnent la montagne du haut au bas, et viennent mourir aubord de lAvançon, après une chute de 1500 à 2000 mètres. Cesont elles qui ruinent les forêts du vallon et entassent le longdu chemin ces blocs dont plusieurs ont les dimensions dunemaison respectable. Il vaut la peine daller voir le vallon deNant, en avril ou mai, immédiatement après la chute des ava-lanches, lorsque les neiges dont elles ont rempli les couloirssont encore chargées de débris, de quartiers de rocs, de mottesde terre empelotonnées, de sapins triturés. Mais il faut se gar-der dy aller trop tôt.

Quand on a remonté la forêt dans toute sa longueur, on dé-bouche sur le pâturage de Nant , dont les chalets sont situéssur la gauche, au pied dun petit bois de sapins, qui les abrite, iOn sy rend en flânant et en regardant beaucoup moins lechemin que le cirque de rochers et de cimes dont on est en-touré. La scène a perdu une partie de son intérêt depuis une