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plus fiers encore que du bassin de leur fontaine, en marbre deSaint-Triphon.
Si l’on en croit quelques économistes, ce système des pro-priétés communales, toujours désavantageux, l’est surtout àla montagne. Les vachers prennent peu d’intérêt aux travauxnécessaires non-seulement pour augmenter le produit du sol,mais pour en empêcher la ruine graduelle. La commune, deson côté, liée par d’anciennes traditions, laisse aller leschoses comme elles ont été de tout temps, et ne soigne pas sapropriété avec l’âpre désir de s’enrichir, qui est le principalmobile des progrès matériels. On cite fréquemment les mon-tagnes de Bex à l’appui de cette thèse, et il est vrai que lesalpages de Nant et de La Vare, par exemple, sont loin d’êtredans un état brillant. La chart/e de la montagne, c’est-à-direle nombre de têtes de bétail qu’elle peut nourrir, a considéra-blement baissé depuis un siècle.
Sans vouloir diminuer en quoi que ce soit la portée de ces ar-guments, il est permis d’ajouter que la question a plus d’une
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face. Qui dit économie politique, ne dit pas seulement écono-mie. Il se peut que le système des propriétés communales aiteu des résultats fâcheux, et qu’il soit destiné à tomber tôt outard ; mais il n’en a pas moins contribué grandement à créerentre les bourgeois d’une seule et même commune un puis-sant lien de solidarité, à faire de la commune une individualitéréelle, vivante, morale, une petite patrie, au service de laquelleles citoyens ont fait une première et précieuse école de dévoue-ment à la chose publique. Gryon ne serait pas Gryon sans sonalpe de Taveyannaz.