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châtaigniers; puis on aborde la pente abrupte, et d’effort eneffort on arrive au village de Mex, dont on voit de la plaineblanchir les maisons à 700 mètres au-dessus du Rhône . Sil’on veut s’y rafraîchir, on fera bien de prendre avec soi le né-cessaire, attendu qu’on n’y trouve le plus souvent qu’un vindétestable dans un pauvre cabaret. Dès qu’on est hors duvillage, on prend à droite un sentier qui remonte d’intermi-nables éboulis, et va longer par le bas une paroi de rochers.On s’élève ainsi de 400 mètres encore, non sans suer, sou-lier et maudire le soleil du Valais , puis on arrive à une cou-pure, et l’on se trouve tout à coup transporté dans la plusfraîche des contrées alpestres, avec le lac Taney en facede soi. Il faut deux bonnes heures et demie, sinon trois,pour y arriver jamais la fatigue est vite oubliée Les dessi-nateurs feront bien d’avoir leur album sous la main ; ils n’au-ront que l’embarras du choix ; les botanistes feront de fort *jolies récoltes, entre autres le Géranium, lucidum, sur les pen-tes pierreuses de la rive nord ; les baigneurs se délecterontdans cette belle eau transparente, et les simples touristes enferont le tour, en passant d’enchantement en enchantement.
Il doit s’être établi dernièrement un petit hôtel au bord dulac.
Du lac Taney, on peut faire encore une course de toutebeauté ; mais il faut se résigner à coucher dans quelque cha-let, je veux parler de l’ascension de la Cornette de Bise, laplus haute des sommités qui dominent au midi le lac Léman .
Il n’y a qu’à remonter la vallée de Taney jusqu’aux premierschalets habités, où l’on prendra un guide. Un petit chalet,