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INTRODUCTION.
dans la tombe, que le royaume des Bourguignons tom-bait au pouvoir des Franks. Les Ostrogoths se virentcontraints de leur abandonner Arles et Marseille;l’empereur Justinien leur ce'da môme la souverainetédes Gaules : c’était en sanctionner la conquête.
Telle était déjà cette puissance qui, sous Karl-le-Grand, devait comprendre la France, presque toute laCatalogne, la Navarre et T Aragon ; la Flandre, la Hol-lande et la Frise; la Westphalie et la Saxe jusqu’àl’Elbe; la Franconie, la Souabe, la Thuringe et laSuisse ; les deux Pannonies, c’est-à-dire l’Autriche etla Hongrie; la Dace, la Bohême, l’Istrie, la Liburnie,la Dalmatie et plusieurs cantons de FEsclavonie ; enfin,l’Italie entière jusqu’à la Calabre inférieure *.
Mais cette monarchie immense et son maître dispa-rurent presque en même temps : c’étaient deux co-losses nécessaires l’un à l’autre.
Karl lui-même ne se faisait pas illusion sur l’ave-nir : un jour qu’il s’était arrêté dans une ville de laGaule narbonnaise, des barques Scandinaves vinrentpiller jusqu’au milieu du port. Dans ces pirates, les unscroyaient voir des marchands juifs, africains ; d’au-tres, des Bretons. L’Empereur, lui, les avait reconnus :« Des marchands ! s’écria-t-il, non ; mais de redoutablesennemis! »
Poursuivis, les pirates disparurent. Mais Karl, s’étant
1 Mémoire sur les limites de l’empire de Charlemagne, par D. Lieble,bénédictin (Paris, 1764, in-12). Voyez aussi la Carte du môme empire,par P. Bevtius, in-fol., publiée à Paris vers 1620.