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Tome I.
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INTRODUCTION.

à la patrie qui lui offre un beau ciel, une nourriturefacile, de commodes habitations.

Exilés au contraire, par la nature, sur un sol rigou-reux ; réduits à disputer leur vie de chaque jour à uneterre rebelle ou aux hôtes féroces des forêts, les filsdu Nord de la Germanie durent plus d’une fois, avantde dire adieu aux foyers paternels, tourner des regardsd’envie vers des lieux dont on leur racontait des mer-veilles. En effet, quelques notions confuses de l’Ita-lie étaient parvenues jusqu’à eux; un bruit lointainde civilisation avait pu retentir au fond de leursretraites.

On se demande d’abord comment tant de millionsd’hommes sortirent d’une contrée relativement aussipeu étendue; mais ces irruptions furent successives;elles durèrent six siècles ; chemin faisant, les émigrantss’augmentaient des nations voisines ou vaincues. D’ail-leurs, chez les masses dégradées, comme aux yeux del’homme sans courage, la frayeur grossit les objets;soit donc par un lâche effroi, soit pour s’absoudre deleurs défaites, les Romains, exagérant le nombre deces redoutables ennemis, y comprirent les femmesmêmes et les enfants.

Sous quelques rapports, le gouvernement des Ger-mains ressemblait aux clans écossais. Ces clans parti-

siècle, des faits importants sur les pays du Nord et de l’Est de l’Eu-rope. Le diacre Warnefride publia une histoire des Lombards ; unautre Gotli, l’anonyme de Ravenne, donna, un siècle plus tard, ladescription générale du monde. » ( Chàteaubriand, Œuvres com-plètes, tome VI, Foyages. )