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INTRODUCTION.
une image de notre Sauveur, très-belle et très-biendessinée, et il s’alla ensuite coucher étant tout occupéde cette sainte méditation.
« Un peu après qu’il fut au lit, il sentit une violentedouleur qui lui fit jeter quelques cris, et qui augmentasi fort avant qu’on ne pût le secourir, qu’il mourutdans cet instant sans avoir auparavant eu aucun res-sentiment, ni aucun signe du mal qui l’emporta. Il estconstant que ce mal fut causé par du poison qu’unJuif, nommé Lippold, avoit mis dans du vin de Mal-voisie que l’Électeur but lorsqu’il s’alloit coucher 1 . »
Sous Joachim, l’université de Francfort-sur-l’Oders’enrichit de plusieurs biens ecclésiastiques, de ceuxdes Chartreux entre autres, et les professeurs virentaugmenter leurs émoluments. Grâce à son active sur-veillance, plusieurs abus disparurent de la Chambre deJustice fondée par ses ancêtres. Ce prince laissa unemémoire respectée ; son règne avait été doux et heu-reux, mais on put lui reprocher une excessive libé-ralité.
A cette époque, le peuple végétait encore dans uneignorance grossière; les plus absurdes préjugés pesaientsur sa raison débile. « Il étoit arrivé à Berlin unechose extraordinaire, raconte gravement un histo-rien 2 , le jour où le Margrave en partit pour cetteguerre (contre les Turcs) : c’est que quelques petitspoulets qui n’étoient éclos que depuis deux ou trois
1 Cernitius, Vies des électeurs de Brandeboury.5 Ibid.