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Tome I.
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INTRODUCTION.

AU

sur les memes terrains, un dessina des places plantéesd’arbres et environnées de maisons d’égale hauteur.Malheureusement, en général, l’architecture de sonrègne se ressent, jusqu’à l’exagération, du goût hollan-dais dominant à cette époque.

Voulant donner à ses troupes une preuve de sa tendresollicitude pour elles, le Roi fonda une maison d’orphe-lins propre à recevoir trois mille enfants de soldats ; lui-même en rédigea les règlements, avec cet esprit d’ordreet de discipline qu’il imprimait à tout.

Son trésor et son armée occupèrent constammentl’attention de ce prince. En tout le reste, d’une avariceextrême, dès qu’il s’agissait de ses troupes, nulle dé-pense ne l’arrêtait. Mais, jusque dans ce goût et danssa manière de le contenter, on retrouvait toute la bi-zarrerie de son caractère, toute l’âpreté de son com-mandement. Ainsi, le même homme qui, pour diminuerl’achat des cheveux, voulait que ses perruques, ne cou-vrant que le dessus de la tête, ne descendissent pointjusqu’aux oreilles ; qui n’employait pour ses vêtementsque le plus gros drap, en ordonnant à son tailleur detoujours faire servir les vieux boutons de cuivre, et decouper l’habit à la hauteur des cuisses, afin d’épargnerl’étoffe 1 ; cet homme consacra des sommes très-consi-

1 Frédéric-Guillaume n’aimait point les ecclésiastiques de l’Égliseromaine. Se promenant un jour avec quelques généraux sur les bordsde la Sprée, il rencontra un prêtre catholique qui venait a lui. « Te-nez, dit-il a sa suite, voyez comme je vais embarrasser ce cafard; »puis, se tournant vers le prêtre : « As-tu lu le Tartufe de Molière ? » luidemanda-t-il d’un ton brusque. « Oui, Sire, répond celui-ci en s’in-clinant, et l’Avare aussi. »