HISTOIRE
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Au reste, c’était un homme de sens, d’esprit, de sa-voir : Frédéric lui dut toutes ses connaissances litté-raires ; en même temps, André, prédicateur de la Cour,dirigeait, auprès de lui, l’enseignement religieux, avecmoins de succès malheureusement, et un ingénieurdistingué, le major Schœning, l’initiait à la fortificationet aux mathématiques.
Un cadet, appelé Kenzel, fut chargé d’apprendrel’exercice au prince qui, dès l’âge de huit ans, reçutun petit arsenal fourni de toutes sortes d’armes, pro-portionnées à ses forces. De tous les enseignements,ce n’était certes pas là le moins important aux yeuxde Guillaume. Peu après, le Roi nomma son fils capi-taine-commandant du corps des Cadets. Tous les jours,Frédéric répétait, avec ses petits soldats, les manœu-vres auxquelles le Roi exerçait ses géants, et réguliè-rement il communiait, dans la chapelle de la garnison,à la tête de sa compagnie; car, non moins rigide surla discipline religieuse que sur la discipline militaire,le monarque exigeait qu’on fût aussi exact à l’églisequ’à la parade. Les soldats étaient commandés pourle sermon comme pour une garde; deux factionnaires,placés à la porte du temple, arrêtaient tous ceux quieussent tenté de sortir.
Le fameux piétiste Francke, fondateur de la Maisondes Orphelins dans l’université de Halle, en inspirant àFrédéric-Guillaume des scrupules de conscience surles choses les plus innocentes, fit de cette dispositionune noire hypocondrie. Dominé par ce bigotisme som-bre, si contraire au véritable esprit du Christianisme,