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Tome I.
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DE FRÉDÉRIC II.

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n’est qu’un prétexte ; il faut un châtiment sévère. Aussi-tôt, sans même chercher à vérifier ses injustes conjec-tures, le Roi fait enlever la jeune fille, et, par ses ordres,le bourreau la flagelle, en plein jour, dans les rues dePostdam 1 .

Cette cruauté, si révoltante en elle-même, si con-traire à la conduite que, dans la suite, il devait tenirsur le trône; causa à Frédéric un vif ressentiment.

Chaque jour croissaient son amour de l’étude et sonaversion pour la société, pour les habitudes de sonpère. En effet, quels attraits pouvaient lui offrir unetabagie enfumée 2 , retraite favorite du vieux roi, et lesinsipides entretiens de quelques généraux illettrés?

1 Roi à son tour, Frédéric assura une pension de 150 reisdallers à.cette infortunée, qui avait épousé un pauvre voilurier de Rerlin.

2 « C’était une salle isolée, placée à Berlin sur le bord de la Sprée,au fond du jardin qui est aujourd’hui la place d’armes, de même quela tabagie est devenue un atelier de sculpteur. Le roi s’y rendait ordi-nairement vers les sept, huit ou neuf heures du soir; il y trouvait ceuxh, qui il avait permis d’y venir, et y restait jusque vers onze heures ouminuit. On y fumait, on y buvait de la bière, on y causait familière-ment de choses diverses. Les meubles se réduisaient à une longuetable de sapin, ayant de chaque côté un banc de même fabrique ; à unbout un fauteuil, aussi grossier que tout le reste, pour le roi, et àl’autre bout un autre fauteuil à peu près semblable, excepté que ledossier en était surmonté de deux grandes oreilles de lièvre, symboleaccrédité chez les Allemands pour désigner la légèreté ou le peu demérite des personnes. Ce dernier fauteuil était ainsi décoré, parce qu’ilétait réservé à un ancien serviteur admis dans cette société, où il ser-vait de messager et de bouffon. C’est là que Guillaume se faisait ra-conter les anecdotes du jour, que lui-même faisait part aux autres dece qu’il avait remarqué de curieux, et qu’on cherchait à le disposerselon les intérêts ou les passions des assistants ou de leurs amis. ».Thiébaull, Mes Souvenirs de vingt ms de séjour à Berlin, etc.)