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Tome I.
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1)E FRÉDÉRIC II. -177

tique de confiance avait eu soin de brûler tous sespapiers.

En deux jours on arriva à Wesel. Une forte gardelui fut donnée, avec défense, sous peine de la vie, dele laisser parler à personne. Le lendemain, Frédéric-Guillaume s’étant fait amener le prisonnier par le gé-néral Mosel, commandant de la place : « Pourquoi,lui demanda-t-il d’un ton menaçant, avez-vous vouludéserter ? — Parce que vous m’avez traité jusqu’icinon comme votre fils, mais comme un esclave, ré-pondit le prince avec assurance. — Vous êtes unlâche déserteur, reprit le monarque; vous n’avez nicœur ni honneur. — Sire, j’en ai autant que vous,répliqua Frédéric; et je n’ai voulu faire que ce quevous m’avez dit souvent que vous feriez, si vous étiezà ma place. » A ces paroles, le Roi, hors de lui, tirason épée. « Tuez-moi, Sire, s’écria Mosel en se préci-pitant entre Guillaume et le prince, mais épargnezvotre fils. »

Sur les instances des généraux qui l’accompa-gnaient, le Roi consentit à ne plus interroger lui-même le prince royal, qu’il confia à la garde de MM. deDossau et de Waldau, majors-généraux, et du colonelde Rochau. Ces militaires avaient ordre de ne le laisserparler à personne. Malgré leur surveillance, le pri-sonnier pourtant fut sur le point d’échapper : déjà,grâce au dévouement du colonel Grœhnitz et de plu-sieurs autres officiers, un habit de paysan et uneéchelle de corde étaient en son pouvoir ; mais, au mo-ment de se laisser glisser, pendant la nuit, par une

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